Le deuxième jour du procès de Clara Maes (89 ans), suspectée d’avoir tué Suzanne Thibeau (93 ans) le 3 janvier 21015 à Libramont, a débuté avec les auditions des premières personnes qui ont découvert le corps de la victime.

Le comportement de Clara Maes choque notre premier témoin. "Elle était froide. Toute la journée, elle n’a jamais demandé comment Suzanne était morte. Elle n’a jamais montré de sensibilité et de douceur ce jour-là", se souvient-elle.

Durant les auditions suivantes, on en apprendra aussi davantage sur la personnalité de l’accusée. "Une personne avec du caractère, assez froide et avec un air autoritaire. Elle était déterminée. Elle nous faisait peur. Suzanne avait même utilisé le terme crapule pour la définir, quelques temps avant sa mort. Clara voulait isoler Suzanne, l’éloigner des autres. On avait aussi l’impression qu’elle portait la culotte et que Suzanne la suivait", sont quelques phrases prononcées par les différents intervenants. Rien de positif, donc ! Sauf pour le Dr Arnould, qui vante ses qualités. "Je l’appelais Madame Clara à l’hôpital de Libramont. Elle était la cheffe de service, une excellente infirmière. Autoritaire ? Oui, mais il fallait l’être pour occuper ce poste", dit-il.

Quant à Suzanne Thibeau, tout le monde l’appréciait. Elle avait un caractère jovial, était très gentille et se souciait des autres. "Jamais elle n’aurait eu l’idée de se suicider. Ce n’était pas pensable."

Un constat qui sera confirmé quelques heures plus tard par ce légiste qui a pu réaliser une autopsie. Douze enrailles sont retrouvées sur le crâne de la victime, une autre au niveau de son cou. C’est certain, elle est décédée en ayant fait une hémorragie, causée par deux mécanismes : un objet tranchant et un contondant.

"Cette conclusion signifie que c’est bel et bien un meurtre, pas un suicide ou un accident. Une tierce personne est intervenue pour lui donner plusieurs coups violents, sans doute avec un couteau. Une dame de 93 ans qui ne pouvait pas lever les bras n’aurait pas été capable de se porter elle-même autant de coups. De plus, plusieurs lésions de défense ont été visibles sur les bras de la victime", explique cette experte en toxicologie du CHU de Liège.

Quant à l’heure exacte du décès, elle semble se situer entre… 20h30 la veille et 11h du matin le 3 janvier. Difficile d’être plus précis pour les experts. "Sur base des différents rapports de santé que j’ai pu avoir à ma disposition, Clara Maes était physiquement capable de porter ce genre de coups… en 2011. Je n’ai pas eu d’autres rapports de santé la concernant pour les années ultérieures", dit un autre.

De l’ADN de la victime a également été trouvé en majorité sur le volant de la voiture de Clara Maes. "C’est assez troublant, car même si on s’assied sur le fauteuil de quelqu’un durant des heures, notre ADN reste majoritaire par rapport à celle de l’autre personne", dit un autre expert. A noter que l’accusée avait l’air d’être en meilleure forme que la veille. Ce mercredi, place au notaire et au comptable de la victime. Avant les psychologues…

L.T.