Le procès de Clara Maes (89 ans), suspectée d’avoir tué son amie Suzanne Thibeau (93 ans) le 3 janvier 2015 à Libramont, touche à sa fin. Les jurés devront se prononcer ce vendredi matin.

Coupable ou non ? Difficile de se faire une idée, tant cette affaire reste toujours aussi intrigante. Du côté de l’accusée, on reste sur ses positions. Il faut un acquittement. "Il n’y a toujours pas de preuve ! On se base sur des suspicions. De minces indices. Une nappe avec du sang, de l’ADN, un pot en grès, une histoire de testament… et puis ? Et comme aucun élément matériel sérieux n’est là, il ne faut pas condamner", explique Me Emilie Romain qui démonte tous les indices présents dans le PV de synthèse. "Clara Maes est devenue la seule suspecte. Les enquêteurs n’ont pas examiné toutes les pistes. L’enquête a été montée autour de notre cliente. Elle a été mal faite. Les choses auraient dû être poussées jusqu’au bout."

Puis, elle lance quelques exemples. "Elle aurait volontairement changé de vêtement pour cacher une éventuelle preuve ? Non. Comme toutes les personnes âgées, elle fait ses courses et elle se change une fois rentrée à la maison pour être plus à l’aise. Elle aurait taché la nappe de la table de Suzanne (NDLR : du sang y a été retrouvé) ? Cette tache a été faite bien avant le jour du décès, nous venons d’en avoir la preuve avec un témoignage cette semaine. L’héritage ? Il lui restait encore environ 20.000 euros sur son compte. Ce n’était donc pas un souci. Pourquoi aurait-elle tué, sachant qu’elle allait hériter ?"

Bien évidemment, le Ministère public, représenté par Anne-Sophie Guilmot, a avancé des arguments contradictoires pour confirmer la culpabilité de l’accusée. Quelques points qui ne font pas l’ombre d’un doute, pour l’Avocat Général. "Il n’y a pas eu de vol, d’effraction ou de fouille constatés chez la victime, l’heure du décès coïncide avec la présence de Clara Maes chez Suzanne Thibeau, les caméras de surveillance dans la rue montrent que Clara Maes est la dernière personne à l’avoir vue en vie, les déclarations contradictoires de l’accusée au fil des auditions, les armes du crime (un pot et un couteau), les connaissances des habitudes de la victime, la capacité physique et mentale de l’accusée, la dissimulation des preuves, les analyses ADN de sa voiture et l’examen mental de Clara Maes sont formels : elle est coupable", dira-t-elle en substance.


Du côté de la partie civile, on abonde dans le même sens. Les preuves sont là. "J’espère qu’on connaîtra la vérité. Que je sois libérée de ce poids d’injustice. Je ne souhaite à personne de noter dans son arbre généalogique, un décès par meurtre dans sa famille", lira Me Kauten, qui parle au nom de la cousine de Suzanne Thibeau, restée au Canada et partie civile dans ce dossier.

L.T.