Luxembourg

L'avocat de la mère et du frère de Nasreddine Mhadbi, Me Dimitri Soblet, a plaidé, mardi devant la cour d'assises du Luxembourg, au procès de Carlo Christophe et Jérôme Kone devant répondre du meurtre du jeune homme de 21 ans, que les accusés étaient "deux menteurs". Le conseil des parties civiles a évoqué le pacte au départ entre les accusés, même si désormais chacun charge l'autre. "Mais nous avons deux coupables de la mort d'un jeune homme qui n'aura jamais 21 ans. Et ces deux-là se sont organisés pour que nous n'ayons aucun élément", a lancé Me Soblet. L'avocat des proches de la victime estimant aussi que Carlo Christophe et Jérôme Kone "utilisent le mensonge pour évacuer la culpabilité".

Selon lui, les deux accusés ont agi ensemble le 4 août 2016 en soirée à Virton en accostant Nasreddine Mhadbi, dans un contexte de récupération d'une dette de 210€, retenue comme mobile du crime. Après avoir été amené par Jérôme Kone jusqu'à deux distributeurs d'argent en vue d'essayer d'effectuer des retraits, le jeune homme sera dépouillé de son GSM avant d'être emmené dans la voiture de Carlo Christophe. Les accusés, outre le meurtre, doivent aussi répondre de détention arbitraire avec menaces et de vol.

"Même les places dans le véhicules sont importantes: Carlo Christophe conduit et le grand Jérôme prend place à l'arrière tandis que le petit Reddine (diminutif de la victime, NDLR) est assis à la place du convoyeur. L'étau se resserre et nous avons un petit oiseau pour deux chats", estime Me Soblet.

Les deux accusés ont alors pris la direction de Gérouville où la victime a été frappée de 14 coups de couteau dans un champ. "On ne lui a laissé aucune chance; et à un moment, il sait qu'il vit ses derniers instants", plaide l'avocat de ses proches.

Les accusés ont chacun dit que l'autre était l'auteur des coups et de la décision de tuer la victime. "Je ne peux pas croire que l'un a eu peur de l'autre", estime encore Me Soblet.

Le lendemain, les accusés ont aussi voulu rassurer la mère de la meilleure amie de la victime en lui expliquant que Nasreddine Mhadbi avait été déposé la veille en soirée à la gare de Virton.

"A ce moment, Jérôme Kone s'est mis en avant et Carlo Christophe en retrait. Nous avons la froideur en retrait et l'impulsivité en avant", dit l'avocat des parties civiles au sujet de cette conversation.

Le conseil des proches de Nasreddine Mhadbi est aussi revenu sur la "disparition des preuves" mise en œuvre par Carlo Christophe (laver ses vêtements portés la nuit du meurtre, prendre une douche, jeter le jerrycan dont le contenu aurait été utilisé pour brûler le corps de la victime, demander à un copain commun avec Jérôme Kone de jeter un couteau qui a été l'arme du crime,...).

Les proches de Jérôme Kone ont, eux, témoigné de leur incrédulité à le voir impliqué dans les faits. "Ce n'est pas parce que l'on le voit pas quelqu'un pas capable de commettre une chose qu'il n'en est pas réellement capable. Il suffit de regarder les images de vidéosurveillance des banques où l'on voit Jérôme Kone tenir Reddine", a aussi relevé Me Soblet.

En conclusion, le conseil des parties civiles a demandé au jury de déclarer les accusés autant coupable l'un que l'autre des faits.

"La maman de Reddine s'est réveillée un jour sans bébé car il a rencontré deux monstres", a lancé en fin de plaidoirie l'avocat.

La journée de mercredi sera consacrée au réquisitoire du ministère public, aux plaidoiries des avocats de deux accusés et aux répliques éventuelles.