Eric Flammang prétendait qu'il s'agissait d'un accident, sous influence de l'alcool, de retour d'une virée au café avec son vieil ami octogénaire, qu'il considérait comme un père de substitution. Il prétendait avoir pu s'extraire mais ne pas avoir réussi à sauver son passager. Le jury, dans son verdict, n'a pas donné de crédit à ces explications et avait écarté l'homicide involontaire - ce qui serait revenu à conclure à un accident - plaidé par la défense. Le jury a par contre retenu comme mobile une histoire de viager, toile de fond du dossier, qui a amené Eric Flammang à "avoir volontairement mis en scène un accident". Eric Flammang et son épouse avaient conclu un contrat courant sur 15 ans de vente viagère de la maison de Raymond Lochet à Chenois (Virton). Mais le couple, au moment des faits, était en défaut répété de paiement et une procédure judiciaire à l'initiative de la victime était en cours pour casser le contrat. Une audience était prévue, le 28 février 2017, soit le lendemain des faits, devant le tribunal d'Arlon.

Dans son réquisitoire lors du débat sur la peine, l'avocat général Marianne Lejeune a évoqué des caractéristiques propres à Raymond Lochet comme le fait de s'être occupé d'Eric Flammang lorsque l'accusé avait eu un accident durant sa jeunesse puis ensuite d'avoir aidé sa famille. La représentante du ministère public notant, par contre, l'envie de propriété d'Eric Flammang, sa jalousie envers une autre famille proche de Raymond Lochet dont l'octogénaire avait fait ses héritiers (et qui était partie civile au procès) ou son souhait d'avoir toujours raison.

"En décidant d'une action judiciaire, Raymond Lochet signe son arrêt de mort mais sans circonstance atténuante", a lancé l'avocat général Marianne Lejeune, sans réellement citer de circonstance atténuante pouvant être retenue à l'avantage d'Eric Flammang. La magistrate du ministère public a dès lors demandé à la cour et au jury de ne pas descendre en-dessous d'une peine de 28 ans de prison.

La défense de l'accusé a, elle, énuméré plusieurs circonstances atténuantes. Me Luc Balaes, de citer l'absence d'antécédents judiciaires pour Eric Flammang, sa situation familiale stable, son état de santé (Eric Flammang a notamment été mis à la retraite anticipativement pour maladie professionnelle), son absence de père biologique ou un risque de récidive nul. Prenant le relais, Me Marc Kauten a, lui, évoqué la personnalité d'Eric Flammang "fier de la réussite de ses enfants" et qui aidé les plus démunis, ou encore le fait qu'il ait commencé à travailler dès l'âge de 16 jusqu'à ce qu'il soit reconnu en incapacité. La défense n'avait par contre pas avancé de demande de peine chiffrée si ce n'est de descendre en-dessous des réquisitions du ministère public.

L'arrêt de la cour d'assises, pour justifier la hauteur de la peine de 25 ans de réclusion, note la gravité des faits envers un homme qui avait fait preuve de générosité vis-à-vis de l'accusé, un guet-apens pour des motifs financiers commis par Eric Flammang qui a abusé de l'accusé en l'emmenant au café ou un orgueil prononcé.

Mais la cour et le jury retiennent aussi comme circonstances atténuantes l'absence d'antécédents judiciaires de l'accusé, son état de santé, son ancrage familial ou un risque de dangerosité quasi nul.