Eric Flammang, interrogé lundi au premier jour de son procès, devant la cour d'assises du Luxembourg, a maintenu sa version selon laquelle il avait été victime d'un d'accident de voiture sous influence de l'alcool, le 27 février 2017 à Virton, dans lequel son vieil ami Raymond Lochet, 85 ans, a perdu la vie. Le véhicule conduit par l'accusé, une Citroën Berlingo, s'est retrouvée dans les eaux du Lac de Rabais. L'octogénaire, qui était passager, est mort noyé tandis qu'Eric Flammang explique avoir réussi à s'extraire de la voiture. Eric Flammang est cependant accusé d'assassinat avec en toile de fond une histoire de viager.

"Je n'aurais pas dû reprendre le volant", dit Eric Flammang. Interrogé par le président Philippe Gorlé, l'accusé est revenu sur le contexte cette soirée du 27 février 2017. Le lendemain, une audience était prévue devant le tribunal d'Arlon afin de rompre un contrat de vente en viager de la maison de Raymond Lochet à Chenois (Virton) par Eric Flammang et son épouse pour non-paiement répété de mensualités. Le couple aurait dû payer, en plus de la perte du viager, des indemnités.

Eric Flammang explique avoir retrouvé Raymond Lochet pour essayer de trouver une solution pour éviter des frais supplémentaires tout en rappelant à l'octogénaire qu'il devait lui payer le précompte immobilier du bien. Eric Flammang explique avoir retrouvé Raymond Lochet chez lui, et s'être rendu au cimetière en sa compagnie pour se recueillir sur la tombe de l'épouse de l'octogénaire. Après cela, selon l'accusé, Raymond Lochet aurait demandé à aller prendre un verre au café.

"Quand nous partons du cimetière, mon intention n'était pas d'aller prendre un verre mais de déposer Raymond chez lui", explique l'accusé. Les deux hommes finiront néanmoins pas se rendre dans un café à Saint-Mard (Virton) où ils ont consommé visiblement une dizaine de bières. "A un moment donné, je suis saoul", a répondu Eric Flammang lors de son interrogatoire. Ils ont fini par quitter le café et selon l'accusé, l'octogénaire aurait voulu se rendre à une autre adresse "pour rencontrer des femmes".

Mais une dizaine de minutes après le départ du café, la voiture d'Eric Flammang a plongé dans le Lac de Rabais. "J'ai entendu Raymond dire 'à droite' et j'ai senti un mouvement sur mon bras et après je ne me souviens de rien jusqu'à ce que je sois dans l'eau", a détaillé l'accusé au cours de son interrogatoire.

Le président Gorlé a également soumis Eric Flammang à des détails du dossier montrant, notamment grâce à des images de surveillance, que son véhicule a marqué un arrêt près de la berge du lac, avant de repartir en arrière, de remarquer un arrêt avant de repartir en avant et se retrouver dans l'eau. Le véhicule était alors en première vitesse. "Je n'ai pas d'explications", répond l'accusé à ce sujet.

Eric Flammang explique aussi avoir réussi à s'extraire de son véhicule tant qu'il flottait mais, "pris d'une douleur dans la poitrine", ne pas avoir réussi à sauver Raymond Lochet. L'accusé avait marché pour aller chercher du secours. "Apparemment, j'ai eu l'instinct de survie", estime désormais l'accusé.