Jordan Deleuze, 37 ans, qui doit répondre devant la cour d'assises du Luxembourg de l'assassinat de Freddy Bontems, alors âgé de 59 ans, a expliqué lundi ne pas pouvoir donner d'explications sur les faits. Ceux-ci se sont produits le 7 décembre 2017, à Arlon, lors d'une soirée alcoolisée dans l'appartement d'une amie commune, chez qui l'accusé était alors hébergé après une rupture sentimentale.

Durant la soirée, l'accusé s'est emporté sur Freddy Bontems et a commencé à le frapper. L'occupante de l'appartement et un autre ami se sont alors réfugiés dans une autre pièce.

D'après l'enquête, c'est une discussion à propos de l'ex-compagne de Jordan Deleuze qui aurait mis le feu aux poudres. La victime n'aurait pas informé l'accusé des messages que son ex-compagne lui envoyait ou aurait eu des sentiments à son égard.

"A la base, je n'avais rien contre M. Bontems. Il était manipulé, il m'a manipulé, bref tout le monde était manipulé dans cette histoire", a expliqué Jordan Deleuze au président de la cour, M. Gorlé, lors de son interrogatoire.

Pourtant, il a frappé Freddy Bontems à de nombreuses reprises et en plusieurs phases.

Quand l'autre ami présent dans l'appartement a appelé les secours, Freddy Bontems était déjà cliniquement mort. Il est décédé à l'hôpital.

Des photos et des vidéos de la victime en train d'agoniser seront retrouvées dans le GSM de Jordan Deleuze.

"Pour être honnête, quand j'ai vu les vidéos, c'est comme si je les voyais pour la première fois", a expliqué l'accusé, qui reconnaît qu'il avait bu, mais sans pouvoir donner plus d'explications. "C'est inhumain de faire cela... Je ne sais pas vous répondre" a-t-il concédé, confronté à l'existence de ces images.

Inculpé dans un premier temps pour meurtre, les faits ont ensuite été requalifiés en assassinat par le juge Jacques Langlois qui a mené l'instruction de ce dossier.

"Il y avait un acharnement violent sur une victime incapable de se défendre, et selon la jurisprudence, il s'agissait de faits pouvant être qualifiés d'assassinat", a souligné le juge d'instruction (désormais retraité) entendu comme témoin, lundi, devant la cour d'assises, aux côtés des enquêteurs.

La défense de Jordan Deleuze a, elle, d'ores et déjà annoncé que l'assassinat, et donc la préméditation, sera contestée.