Les constatations de l'expertise automobile sur la sortie de route d'Eric Flammang, le 27 février 2017 en début de soirée sur les berges du Lac de Rabais (Virton), ont été largement abordées mercredi devant la cour d'assises du Luxembourg au procès du quinquagénaire accusé de l'assassinat de son vieil ami Raymond Lochet, 85 ans. Le quinquagénaire est accusé en quelque sorte d'avoir maquillé la mort de l'octogénaire, qui était son passager et qui est mort noyé dans le véhicule tombé dans l'eau, et ce dans un contexte de vente en viager. Eric Flammang, parlant d'accident alors qu'il avait bu de l'alcool, explique avoir réussi à s'extraire du véhicule pour aller chercher des secours. Mandaté dès le soir dès faits d'abord par le parquet avant que l'affaire soit mise à l'instruction, l'expert-automobile Dominique Joblin avait vite émis des doutes. « Le caractère accidentel et fortuit était remis en question" a-t-il expliqué cette fois en qualité de témoin devant la cour d'assises. L'expert, pour en arriver a cette conclusion, retient notamment l'absence de traces de freinage d'urgence ou d'une perte de contrôle avant l'entrée du véhicule dans l'eau du Lac de Rabais. Le système de freinage ne présentait pas non plus de défaillance. L'expert-automobile a aussi mis en évidence que le véhicule se trouvait en première vitesse au moment de la sortie de route; et que le conducteur avait un pied sur la pédale d'accélérateur et un autre sur celle d'embrayage. En fonction des traces relevées sur les berges, l'expert évoque encore une "accélération franche".

L'enquête est aussi arrivée à une forme de séquence des faits par l'analyse par la police judiciaire des images de surveillance d'un établissement située au bord du Lac de Rabais; et ce surtout par les traces lumineuses des phares du véhicule d'Eric Flammang. Selon cette analyse, le conducteur aurait marqué un arrêt au bord du lac, effectué une marche arrière, marqué un nouvel arrêt avant de repartir vers les eaux du lac.

La défense d'Eric Flammang a elle-même sollicité l'analyse d'un autre expert-automobile, considéré dès lors comme conseiller technique. Ce dernier, Pascal Legrand, a témoigné dans la foulée de la déposition de l'autre expert devant la cour d'assises. Le conseiller technique, indiquant ne pas pouvoir déduire les causes de la sortie de route a, par contre, critiqué les images prises par caméras de surveillance.

"L'analyse des images ne peut être qualifiée de scientifiques" a déclaré lors de son témoignage le conseiller technique amené par la défense. Celui-ci met en doute la précision des images, la chronologie ou l'exploitation des traces. Il estime aussi que la voiture d'Eric Flammang n'était pas aussi enfoncée dans le Lac de Rabais au moment où l'accusé s'en est extrait.

L'expertise automobile et la contre-expertise seront encore mises en évidence directement sur les lieux des faits; à l'occasion de la descente de terrain de la cour d'assises prévue ce vendredi au Lac de Rabais