Le père de Jordan Deleuze, entendu comme témoin mercredi devant la cour d'assises du Luxembourg au procès de son fils accusé de l'assassinat de Freddy Bontems le 7 décembre 2017 à Arlon, a démenti les allégations selon lesquelles il lui a manqué d'affection. Si les différends ont été nombreux entre eux, les parents de l'accusé disent n'avoir pas compris le comportement violent de leur fils dès la fin de l'enfance, ni ses problèmes d'alcool au début de son adolescence. "J'ai été blessé par les propos de Jordan mais je m'y attendais. Il m'a présenté comme un père manquant d'affection pour justifier ce qu'il a fait de sa vie. Chacun s'arrange avec sa conscience et moi je suis en paix avec moi-même", a confié le père de l'accusé.

"Il pourrait me reprocher de ne pas l'avoir remis sur leur droit chemin. Je n'ai jamais compris pourquoi il ne perçoit pas la vie de la même manière que nous", a-t-il poursuivi.

A la question de savoir s'il serait là quand l'accusé sortira de prison, son père, qui ne lui a jamais rendu visite depuis qu'il est incarcéré, a répondu avoir besoin de temps. "Il nous a fait tellement de mal que l'on doit savoir où sont nos sentiments", a-t-il expliqué.

Les parents de Jordan Deleuze ont la garde de son fils depuis qu'il est bébé. Sa mère, Sabrina Tarabet, a été condamnée en 2010 par la cour d'assises du Luxembourg à 20 ans de réclusion dans un autre dossier, à savoir l'assassinat de Cindy Claude perpétré en 2008. Jordan Deleuze et Sabrina Tarabet ne sont plus en contact depuis cette époque.

L'ex-épouse de l'accusé était cependant citée comme témoin, mercredi, mais ne s'est pas présentée. Elle a bénéficié il y a peu d'une libération conditionnelle et la cour n'a pu que constater son absence comme témoin. Le père de Jordan Deleuze a aussi expliqué qu'elle n'a pas demandé à revoir son fils désormais adolescent.

D'autres témoins ont également mis en doute le fait que le père de Jordan Deleuze n'aurait pas été attentif envers son fils aîné. "Nous pensions même que Jordan était fils unique tant il se souciait de lui", a expliqué mercredi un ancien collège du père de l'accusé. L'oncle de Jordan Deleuze a pour sa part évoqué "des perches tendues mais qui n'ont pas été saisies".