L'épouse d'Eric Flammang, entendue mardi comme témoin devant la cour d'assises du Luxembourg au procès de son époux, accusé de l'assassinat de son vieil ami Raymond Lochet, 85 ans, a aussi évoqué le sentiment commun d'avoir été mis de côté par l'octogénaire, qui aurait pu être influencé par une autre famille. Eric Flammang est accusé d'avoir en quelque sorte simulé un accident avec sa voiture, qui a terminé dans les eaux du Lac de Rabais à Virton, le 27 février 2017, et dans lequel Raymond Lochet, qui était passager, est mort noyé. Le tout se passe sur fond d'une histoire d'achat en viager de la maison de la victime par Eric Flammang et son épouse, mais pour lequel il allait être mis fin suite à des non-paiements répétés des mensualités.

La femme a présenté cette vente en viager comme un "service rendu" à Raymond Lochet, qui avait soutenu le couple à plusieurs reprises. Mais son mari et elle estiment avoir été mis de côté par la victime, que l'accusé considérait comme un père de substitution, proche aussi d'une autre famille.

"On s'est senti exclu de la vie de Raymond, il s'est fait manipuler", a témoigné l'épouse d'Eric Flammang. Mais, face au non-paiement de mensualités successives de 700 euros, Raymond Lochet avait entamé une procédure judiciaire pour mettre fin au contrat de vente en viager. Une audience était justement prévue devant le tribunal d'Arlon le 28 février 2017, soit le lendemain des faits jugés aux assises.

"Je ne pense que pas cela soit Raymond qui avait initié les démarches", estime aussi l'épouse de l'accusé.

Le contrat en viager prévoyait le paiement de mensualités de 700 euros jusqu'au décès de Raymond Lochet, ou durant une période de maximum 15 ans. Mais, tant qu'il restait en vie, l'octogénaire pouvait continuer à habiter sa maison.

Selon l'épouse d'Eric Flammang, le couple avait pris conscience qu'il allait "perdre la maison" à la suite des mensualités impayées mais estimait avoir, par les sommes déjà versées, avoir fait un geste de reconnaissance envers Raymond Lochet.

La fille de l'accusé, qui avait occupé une partie de la maison de Raymond Lochet alors qu'elle étudiait dans la région, a, elle, expliqué avoir été en quelque sorte mise dehors de chez l'octogénaire. "Raymond était peiné de nous voir quitter la maison", a témoigné la fille de l'accusé.

L'avocate qui avait été mandatée par Raymond Lochet pour mettre en demeure Eric Flammang et son épouse à la suite d'impayés concernant la vente en viager de la maison de l'octogénaire à Chenois (Virton) a témoigné mardi devant la cour d'assises du Luxembourg. Elle y a fait part de son sentiment selon lequel l'intéressé était conscient de la procédure lancée. "Il était décidé et j'avais à faire à une personne agréable", a témoigné cette avocate. Or cette histoire de viager est en toile de fond du procès d'Eric Flammang, accusé de l'assassinat de son vieil ami Raymond Lochet, mort noyé dans le véhicule conduit par l'accusé et tombé dans les eaux du Lac de Rabais à Virton, le 27 février 2017.

Eric Flammang soutient qu'il s'agissait d'un accident de la route alors qu'une audience était prévue le lendemain des faits devant le tribunal d'Arlon pour rompre le contrat de vente en viager. Pour l'accusé, son vieil ami était "manipulé" par une autre famille dont il était proche. Les propres enfants d'Eric Flammang ont, un moment, habité dans une partie de l'habitation de Raymond Lochet.

"A mon sens, il avait l'impression d'être mis dehors de chez lui", a expliqué l'avocate lors de son témoignage.

L'autre famille évoquée par Eric Flammang, à savoir une mère et sa fille, est, elle, constituée partie civile afin de "connaître la vérité". Ces parties civiles ont été désignées héritières de Raymond Lochet et ont vendu la maison de l'octogénaire à la suite de son décès.

Mère et fille, entendues aussi comme témoins mardi, ont expliqué avoir toujours douté de la thèse de l'accident de voiture en raison de la coïncidence des dates puisque les faits ont eu lieu la veille d'une audience au tribunal concernant la rupture du contrat de vente en viager. L'endroit où cela s'est produit et le fait que cela est arrivé après une longue virée au café de Raymond Lochet avec Eric Flammang, ce qui n'était pas dans ses habitudes, suscitent également l'interrogation de ces deux témoins.