Le parquet a requis 7 ans de prison contre un quinquagénaire de la région marchoise.

Un homme d’une cinquantaine d’années est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Marche pour des faits de mœurs sur des mineures de moins de 16 ans. Il est question de viol, d’attentat à la pudeur, d’incitation à la débauche et de matériel pédopornographique.

Le quinquagénaire aurait proposé de l’argent à deux adolescentes de son entourage en échange de faveurs sexuelles. Parti d’informations transmises à la police, le dossier connaîtra d’abord un faux départ en 2015. Il reviendra sur le devant de la scène quelques années plus tard sur base d’analyses téléphoniques et de plusieurs témoignages.

Le prévenu aurait notamment emmené les gamines à bord de sa voiture pour avoir des relations sexuelles sur une aire située à proximité de la carrière de Marenne, dans la commune de Hotton. Il aurait également insisté auprès des adolescentes pour obtenir des photos d’elles à caractère pornographique. Le tout en échange de quelques billets.

"Les témoignages se recoupent", souligne le ministère public. "Un des témoins affirme avoir entendu monsieur dire qu’en donnant 50€ à une fille limitée, on obtenait ce qu’on voulait. À ses amies, l’une des jeunes filles aurait dit "il suffit de sucer pour avoir des sous et s’offrir des gougouilles"."

Et le parquet de citer quelques extraits des SMS que s’échangeaient le quinquagénaire et les adolescentes. "Tu me veux ? […] Toucher, c’est pas assez, on va se faire une cam’."

Un jeu malsain aux effets tout aussi pervers, selon le ministère public. "On se retrouve avec des jeunes filles tellement perverties qu’elles préfèrent jouer de leur corps pour un piercing, un GSM ou des bonbons."

Le prévenu reconnait une main sur la cuisse à l’occasion, l’échange de photos, ainsi que des conversations à caractère sexuel dans la voiture. Mais il conteste l’attentat à la pudeur et le viol. "C’est le procès de la rumeur, on se retrouve avec des déclarations qui partent dans tous les sens", observe-t-on du côté de la défense. "C’est le fonctionnement de la cité, tout le monde connaît tout le monde. Avec des gens qui ne s’apprécient pas beaucoup et qui sont prêts à tout pour nuire à l’autre."

Pour la défense, rien dans le dossier ne permet d’affirmer qu’il y a eu attouchement. "Il n’existe aucun élément objectif. Si ce n’est des déclarations de plusieurs personnes qui ne sont pas concordantes. Par ailleurs, j’ai du mal à croire que personne dans l’école des jeunes filles n’a rien remarqué s’il y a eu exploitation sexuelle. Quand elles ont quelque-chose à dire, elles le disent. Et notamment qu’elles trouvent le prévenu vieux et dégueulasse. Mais qu’il ne leur a rie

n fait." Le parquet réclame 7 ans de prison. La défense, un sursis probatoire. Jugement le 18 décembre.

N.P.