Luxembourg Le prévenu rodait dans les rayons à la recherche de très jeunes filles.

Un trentenaire des environs de Libramont est actuellement poursuivi devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau pour une série d’attouchements sur des fillettes. Les faits se sont produits en septembre 2018 et avril 2019 dans plusieurs magasins de Libramont. Le prévenu rôdait dans les rayons en quêtes de victimes potentielles.

"Monsieur est resté pas moins de 2h dans les rayons du magasin Trafic dans l’attente d’un enfant qui s’éloigne de ses parents", souligne Anne-Catherine Mignon, avocate de l’une des familles constituées parties civiles. Arrêté une première fois en septembre 2018 après une série d’attentats à la pudeur commis sur des fillettes d’une dizaine d’années dans plusieurs grandes surfaces, il a bénéficié d’une libération conditionnelle en janvier dernier.

Trois mois plus tard en plein milieu des vacances de Pâques, il commettait de nouveaux faits à l’égard d’une fillette de 7 ans. Il avait cette fois ciblé les magasins de jouets et d’articles pour bébés, dont les enseignes Broze et Orchestra. Malgré le témoignage d’un parent et des employées ainsi que sa présence sur les images de vidéosurveillance, l’intéressé niera tout en bloc aux policiers venus l’interroger, jusqu’à sa présence dans les magasins.

"Les policiers remarqueront d’ailleurs qu’il a totalement modifié son apparence, qu’il s’est rasé et taillé les cheveux très courts", observe Jean-Claude Cornet, avocat de la fillette de 7 ans, abusée alors qu’elle attendait sa tante aux toilettes. "Il est bien conscient de ce qu’il fait et cherche à échapper à toute identification."

Interrogé sur ses motivations, le prévenu parle de pulsions. "Le prévenu prétend être attiré, non pas par le sexe, mais par la joie de vivre des enfants qu’il rencontre dans les magasins", poursuit Anne-Catherine Mignon. "La fille de mes clients avait 10 ans quand elle a été victime d’un attentat à la pudeur de sa part. Elle a perdu cette joie de vivre. Il l’a fait basculer dans un monde d’adulte qu’elle n’avait pas envie de connaître."

Le substitut du procureur ne cache pas ses inquiétudes quant à la menace que représente le suspect. D’autant qu’il n’a respecté aucune des conditions fixées à sa sortie de prison. Le ministère public réclame donc une peine d’au moins 5 ans d’emprisonnement, et demande au tribunal d’envisager une éventuelle mise à disposition du tribunal d’application des peines. La défense sollicite un sursis probatoire. Le jugement sera prononcé le 14 novembre.

N.P.