Luxembourg Le recours introduit par Damien Balfroid a été validé par le Conseil d’État.

Non loin du centre-ville de Wellin, se trouve le "site Gilson". En 2014, ce terrain d’un hectare à l’abandon est racheté par l’entrepreneur local Damien Balfroid. Celui-ci souhaite y construire un vaste projet immobilier, avec un investissement de plusieurs millions d’euros.

Mais la commune et l’ancienne majorité dirigée par Anne Bughin-Weinquin s’invitent dans la discussion. Si bien que trois permis de construire présentés par notre entrepreneur sont suspendus dans les mois qui suivent. Ils ne répondent pas aux critères du PCA (Plan d’action communal) que la majorité souhaite alors mettre en place. "Le PCA ? Un fiasco. Il y avait trop d’incohérences dans celui-ci. Et sans doute un conflit d’intérêts lorsque l’on sait que la fille de la bourgmestre était impliquée dans ce dossier. Le PCA est finalement passé, en force. Le jour où le conseil communal s’est réuni pour voter ce plan, j’ai demandé la parole. Mais je ne l’ai jamais eue. Je m’en veux encore. J’aurais dû insister et expliquer pourquoi il ne fallait pas le voter tel quel" , dit-il aujourd’hui.

En résumé, selon Damien Balfroid, environ 10 % de ce PCA était impossible à réaliser. Il fallait donc le modifier avant de le valider. Mais la commune en a décidé autrement. S’engage alors un bras de fer de plusieurs années entre notre homme et la commune/ancienne majorité. La procédure est lancée.

Après plus de trois ans d’attente et un recours introduit auprès du Conseil d’État (CE), la décision est tombée. Le CE vient récemment de recevoir un rapport de l’auditeur chargé du dossier, avant de rendre un premier avis favorable à notre homme. Le PCA sera, sans doute, invalidé et abandonné. "La décision n’est pas définitive, mais le CE suit généralement l’avis de l’auditeur dans 99 % des cas. C’est un soulagement, une bonne chose."

Avec le recul, Damien Balfroid ne comprend pas pourquoi l’ancienne bourgmestre a insisté pour réaliser, à tout prix, ce PCA. "À l’époque, certains bourgmestres des communes voisines appelaient ça de la crapulerie ! Si on peut obtenir une réponse de sa part un jour, ce serait bien ", ajoute-t-il. Aujourd’hui, le projet repart de zéro. Point de nouveau PCA à l’horizon et une réelle volonté d’aller exposer son projet à la commune. "J’aimerais toujours y construire des appartements (25), des maisons, une zone verte, etc.", conclut-il. Une réunion avec le nouveau bourgmestre n’est donc pas à exclure dans le futur.

Laurent Trotta