Le SPW Mobilité et Infrastructure étudie la mise en place d’une nouvelle vanne de vidange sur le Barrage de Nisramont. Elle permettra une meilleure sensibilité et plus de souplesse dans la gestion du débit aval.

"Pour la quatrième année consécutive, nous avons connu une année de sécheresse sévère et longue", rappelle le porte-parole du SPW Mobilité et Infrastructure, dans un communiqué.  "La situation fut particulièrement extrême et comparable avec celle de 1976, voire plus grave sur certaines régions. Pour le bassin de l’Ourthe, on constate des précipitations de l’ordre de 260 litres en 2020 pour plus de 550 normalement, soit un déficit de plus de 50 %."

Les débits d’entrée de l’Ourthe au barrage de Nisramont n’ont donc jamais été si faibles et le barrage a vu son niveau baisser comme jamais auparavant.  "En effet, pour la première fois depuis l’existence du barrage, le SPW Mobilité et Infrastructure, gestionnaire du barrage, a vu la cote 273,11 m être atteinte, soit 1m90 sous le niveau habituel du lac. Le précédent minima datait de 2017 avec une valeur de 274,16 m."

Alimentée par les deux Ourthes, la réserve du barrage de Nisramont a pour objectif de sécuriser l’approvisionnement en eau potable de la province de Luxembourg. Pour ce faire, la SWDE puise dans les réserves du barrage afin de fournir de l’eau à plus de 60.000 personnes.

 "Le barrage a des dimensions impressionnantes, une hauteur de 16 m pour une longueur de 116 m. Il est équipé de 3 vannes pouvant permettre l’évacuation d’un débit de crue maximum estimé à 427 m³/s. Vu leurs dimensions, les trois vannes ne permettent pas un réglage fin de restitution d’eau en aval", poursuit le porte-parole.  " Lorsque le niveau d’entrée des eaux dans le barrage est inférieur à 0.6m³/seconde, il est prévu de laisser s’écouler dans l’Ourthe en aval du barrage, la même quantité que celle fournie par les deux Ourthes en amont du barrage. Ce très faible débit doit passer par le second by-pass des turbines de la SWDE. Le premier étant déjà fermé conformément à la convention liant la SWDE, le SPM Mobilité et Infrastructures, et le SPW Agriculture, Ressources Naturelles et Environnement."

Aujourd’hui, le système prévu à cet effet ne permet pas d’avoir une sensibilité ni une continuité suffisante lors des périodes d’extrême sécheresse. Il s’agit de vannes ne connaissant que quatre degrés d’ouverture. C’est pourquoi certaines manœuvres peuvent laisser penser qu’il s’agit d’une gestion en Yoyo. Dans les faits, l’ouverture est adaptée au plus juste en fonction des débits à respecter.

Il importe également de noter que le barrage de Nisramont n’et en aucun cas générateur de sédiments. C’est le fonctionnement naturel des cours d’eau qui, principalement lors de crues, provoque l’envasement progressif du lac du barrage ainsi qu’un transport en aval de ce dernier. L’absence du barrage n’empêcherait donc nullement l’apparition d’un phénomène – naturel – de sédimentation dans la rivière.

 " Finalement et malheureusement, il n’est pas imaginable d’utiliser le barrage comme soutien d’étiage à l’Ourthe sans quoi l’approvisionnement en eau potable serait mis à mal durant les périodes estivales. La capacité du barrage, étant trop limitée, ne le permet pas", conclut  le porte-parole.  "Par contre, un projet d’installation d’une nouvelle vanne de vidange est actuellement à l’étude. Cela permettra d’avoir une meilleure sensibilité et plus de souplesse dans la gestion du débit aval. L’adjudication aura lieu dès 2021 et les travaux commenceront quant à eux en 2022. Ce sujet sera abordé au sein de la prochaine réunion du contrat de rivière. D’autres sujets seront également abordés comme la réflexion à propos d’une éventuelle procédure d’avertissement de variation de débits de l’Ourthe en période d’étiage."