Une arme à feu, du sang, plusieurs personnes blessées. C’est une affaire de tentative de meurtre déclassée en coups et blessures dont est saisi le tribunal correctionnel de Neufchâteau ce mardi. Les faits remontent à juin 2019. Ce jour-là, la police reçoit appel pour plusieurs coups de feu à Bastogne. À leur arrivée, les policiers tombent sur deux hommes très énervés. Un troisième individu git au sol, en sang, à quelques centimètres d’une arme. Il s’agit d’un ancien militaire. C’est lui l’auteur des coups de feu. 

Plus tôt dans la soirée, sa compagne avait appelé deux amis à l’aide. Tout le monde avait bu, et elle craignait qu’il s’en prenne à elle. Une altercation avait éclaté et l’ancien militaire avait fini par quitter les lieux, pour revenir peu de temps après avec un pistolet d’alarme. Pistolet dont il s’était servi pour menacer les deux hommes, qui ne se sont pas laissé intimider pour autant. « Je l’ai massacré », dira d’ailleurs l’un d’eux aux enquêteurs. « À tel point que je pensais l’avoir tué. » Les deux chevaliers servant doivent aujourd’hui répondre de coups et blessures devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau. Leurs avocats sollicitent l’acquittement sur base de la légitime défense. « On menace mon client avec une arme. Bien évidemment que dans le contexte alcoolisé, il ne pouvait pas savoir qu’il s’agissait d’un pistolet d’alarme », souligne Me Vincent Ghislain. 

Quant à l’autre intervenant, il avait d’abord quitté les lieux devant la menace de l’arme, avant de revenir sur ses pas en entendant les coups de feu. « Il a donné des coups de poings pour séparer les personnes, mais il n’y est pas arrivé. Alors il a appelé la police » explique son avocat Joël Baudoin. L’ancien militaire, lui, a d’abord été visé pour tentative de meurtre. Une prévention finalement déclassée en coups et blessures vu la nature de l’arme. Le ministère public réclame 4 mois de prison à l’encontre du tireur, sans antécédents spécifiques mais avec de lourds problèmes liés à l’alcool, et 8 jours à l’encontre des deux autres prévenus. Même si le parquet n’exclut pas l’excuse légale de provocation. Jugement le 30 mars.