Projet de fusion Bastogne-Bertogne : "Vous agissez en pays conquis"

La minorité Citoyens positifs a reproché au collège d’envoyer des ouvriers communaux dans la commune de Bertogne

Nadia Lallemant

Dans la foulée de la décision de principe, prise le 31 mars dernier, les conseils communaux de Bastogne et de Bertogne se sont réunis, jeudi soir, avec à l’ordre du jour deux points relatifs au projet de fusion des deux communes : la proposition commune de fusion ainsi que la prise d’acte des désignations d’un directeur général et d’un directeur financier coordinateur pour la commune et le CPAS.

A Bastogne, la minorité Citoyens Positifs, qui la veille avait quitté la séance avant l'examen du dossier à huis clos, n'a plus pratiqué la politique de la chaise vide mais n'a pas modifié sa position, comme l'a expliqué le chef de groupe Michel Staes. '" Nous ne comprenons pas votre obstination à faire passer des points concernant une hypothétique annexion de la commune de Bertogne sans même savoir ce que veulent les habitants de cette commune. Philippe Courard a certifié qu'une consultation populaire est obligatoire si le nombre de signatures est suffisant."

Le mandataire s'est, par ailleurs, étonné des rapprochements entre les deux communes alors que la fusion n'a pas encore été approuvée par le Parlement wallon. "Vous agissez en pays conquis en envoyant des ouvriers communaux de Bastogne faire les poubelles à Monaville ou du nettoyage avant des festivités à Longchamps. Le service communal de Bertogne est-il devenu subitement incapable : quel mépris pour les Bertognards !"

La minorité a, dès lors, demandé au collège de retirer ces deux points de l’ordre du jour en attendant la consultation populaire envisagée en septembre. Le bourgmestre Benoît Lutgen, n’a pas donné suite à la demande rappelant que la consultation populaire n’est pas obligatoire et qu’une consultation a bel et bien eu lieu, comme le décret le prévoit, notamment dans le cadre des rencontres citoyennes programmées dans les deux communes.

La conseillère indépendante, Jessica Mayon, a, de son côté, précisé qu’en tant qu’habitante et conseillère MR de la commune de Bastogne, elle est favorable à la fusion, mais qu’un recours pourrait toutefois être déposé pour non-respect du Code de la Démocratie Locale.

" Ce positionnement est conditionné au fait que les procédures soient respectées : or ce n'est pas le cas, a-t-elle affirmé. Je parle ici de la complétude du dossier lors de l'envoi de la convocation. J'avais, par ailleurs, demandé lors de la séance du 31 mars qu'une commission soit mise en place, afin d'associer tous les mandataires des deux communes qui le souhaitaient. Cela a été refusé. Et donc, conformément à ma prise de parole du 29 juin, soit vous respectez les règles, et je vous accompagne, soit vous ne les respectez pas, et je ne le cautionne plus. Je demande donc le retrait du point au motif de la non-complétude du dossier lors de l'envoi de la convocation, et par ce fait, du non-respect du Code de la Démocratie Locale."

Le bourgmestre a rappelé que la fusion n'aura lieu qu'après les élections de 2024 et que d'autres étapes devront encore être franchies d'ici là. " C'est exact : des possibilités de recours existent, a-t-il indiqué. Le législateur a prévu des recours si les mandataires n'ont pas pris la décision en pleine conscience. Or, tous les éléments ont été mis à la disposition. Vous avez eu connaissance de l' ensemble des éléments et ne pouvez, dès lors, nous faire ce reproche."

Les deux dossiers ont été approuvés par la majorité. La minorité Citoyens Positifs et Jessica Mayon se sont abstenues. La proposition commune de fusion sera soumise au gouvernement wallon avant le 31 octobre. Au plus tard le 31 décembre, le gouvernement décidera s’il présente la proposition de fusion au Parlement qui sera amené à se prononcer pour fin mars 2023.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be