Martine Maufort garde l’espoir de trouver un jour le responsable de la mort de son fils

Ce mardi, il y aura huit ans que David Collin, 26 ans, a été mortellement fauché par un chauffard qui a pris la fuite à l’entrée de Mageret. Il rentrait à pied d’un bal à Neffe, dans la nuit du 10 au 11 juin 2011, quand le drame s’est produit. Huit ans plus tard, on ne sait toujours pas ce qu’il s’est passé.

Martine Maufort, la maman du jeune homme, garde l’espoir de trouver un jour le responsable de la mort de son fils. "C’est cet espoir qui me permet de tenir le coup", souligne-t-elle. "David est mort le week-end de la Pentecôte. Chaque année, à cette date, je revis les heures qui ont suivi son décès. Des moments douloureux qui ne s’effaceront jamais de ma mémoire."

La maman de David se souvient de l’hommage rendu à son fils par les forains à la kermesse de Bastogne. "Ils ont coupé le son de la fête foraine par respect pour David qu’ils connaissaient bien", se souvient-elle. "Ce geste de leur part m’a beaucoup touchée. Tout comme les nombreuses marques de sympathie reçues lors de ses funérailles."

Cette année, l’office religieux, en hommage au jeune homme trop tôt disparu, se déroulera le mercredi 12 juin à 18 h 30 à l’église Saint-Pierre à Bastogne. "Jacky Kulik, le papa d’Elodie, la jeune banquière tuée dans la Somme, en France, en 2002, me soutiendra à l’office", poursuit Martine Maufort. "Son soutien est, pour moi, très précieux. Nous partageons la douleur d’avoir perdu un enfant dans des circonstances tragiques. Depuis 17 ans, il se bat pour savoir qui a violé et tué sa fille. Des années après le drame, l’un des meurtriers a été identifié. Il s’est tué dans un accident de voiture. Le procès de son complice présumé, Willy Bardon, devrait se dérouler d’ici la fin de cette année."

La maman de David n’a pas introduit d’action au civil à la suite du non-lieu rendu par la chambre du conseil de Neufchâteau. Elle espère qu’un élément neuf permettra, un jour, de rouvrir l’enquête sur la mort de son fils.

En octobre 2017, la chambre du conseil de Neufchâteau rendait, au terme de l’instruction, une ordonnance de non-lieu, le juge ayant estimé que les charges retenues contre le couple de témoins, suspecté de non-assistance à personne en danger, n’étaient pas suffisantes pour les renvoyer devant le tribunal correctionnel.

Me Raoul Neuroth, le conseil de Martine Maufort, rappelle que sur le plan pénal, le dossier est classé. “Le délai de prescription pour lancer une action au civil est de cinq ans à dater de la décision de la chambre du conseil”, souligne-t-il. “Le rapport d’expertise automobile est le seul élément sur lequel on pourrait s’appuyer pour aller au civil avec l’objectif d’établir la responsabilité des témoins. L’expert a, en effet, démontré, lors de la reconstitution du 17 juillet 2015, que le conducteur du véhicule qui a écrasé le jeune homme n’avait aucun moyen de l’apercevoir, car il était ébloui par les phares de la voiture des témoins. Cela dit, cette nouvelle procédure représenterait pour la maman de David une nouvelle épreuve, peut-être vaine, car les témoins ont été acquittés.

Nadia Lallemant