Bastogne - Vielsalm

Les parents de la jeune handicapée adulte avaient ressenti cela comme une autre injustice. En juin 2017, leur fille avait été exclue du centre Andage de Bastogne après un dépôt de plainte de leur part.

La jeune femme, âgée de 28 ans mais à l’age mental de 8 ans, avait expliqué avoir été victime d’attouchements au sein de l’institution spécialisée par un éducateur. En réaction, Andage avait exclu l’handicapée fréquentant le centre en journée. Mais la plainte a entraîné l’ouverte d’une procédure judiciaire et au final, l’éducateur doit répondre devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau d’attentat à la pudeur sur une période de décembre 2016 à juin 2017.

Un témoin dit avoir vu aussi un baiser inapproprié. L’éducateur, qui a quasi 40 ans de carrière au sein du centre, mais en arrêt maladie, conteste sur toute la ligne. Le dossier a été plaidé jeudi.

Me Anne-Catherine Mignon, conseil des parents, a fustigé l’attitude du centre. “Ionela aimait ce centre, elle y avait des activités ou des voyages de prévus ; mais elle en a été congédiée” a pointé l’avocate. Sur le fond, la conseil des parties civiles retient le témoignage évoquant un baiser franc, un rapport psychologique donnant du crédit aux dires de l’handicapée adulte tout en se demandant ce que la fille de ses clients aurait eu à y gagner en mentant. Des arguments repris par le parquet réclamant 2 ans de prison, avec une éventuelle mesure probatoire pour l’éducateur.

La défense, qui avait même demandé une contre-expertise, sollicite l’acquittement. Me Sandra Berbuto, avocat de l’éducateur, d’avancer qu’un témoignage d’une scène à laquelle on assiste de loin n’est pas toujours fiable en se demandant comme des attouchements auraient été possible dans des pièces fréquentées. Selon la défense, l’handicapée a peut-être inventé. “Elle peut avoir tendance à dire des choses, non pas pour nuire, mais pour attirer l’attention” plaide Me Berbuto. L’éducateur s’est, lui, adressé directement aux parents pour leur confier ne jamais avoir eu de gestes inappropriés envers leur fille ou d’autres pensionnaires.

Jugement le 11 avril.