Le projet d’extension de la carrière sur les Roches, porté par l’ancien exploitant, reste dans les cartons. La société Lambert, propriétaire du site depuis janvier 2021, a introduit une demande de permis pour exploiter 1,6 hectare supplémentaire.

Des riverains n’ont pas attendu la clôture de l’étude d’incidences sur l’environnement pour manifester une nouvelle fois leur opposition au projet. Lundi, ils ont placé, rue des Hêtres, des panneaux portant une inscription suffisamment explicite : " Non à l’extension de la carrière". Ils invitent les habitants du quartier à rejoindre le collectif.

"La réunion d’information s’est déroulée en septembre 2021, rappelle le porte-parole des opposants. Une deuxième rencontre était programmée mais elle n’a finalement pas eu lieu. Nous pensions que le projet était abandonné jusqu’à ce vendredi, date à laquelle nous avons appris qu’une réunion de chantier se tenait à la carrière."

Les opposants rappellent qu’ils subissent déjà des nuisances liées à l’exploitation de cette carrière et ce depuis de très nombreuses années. L’extension ne ferait, dès lors, qu’aggraver la situation et porter atteinte plus encore à leur qualité de vie.

" Les tirs de mine provoquent de fortes vibrations, explique un riverain. " Les verres dans les armoires vibrent et il arrive que les tableaux tombent des murs. Des fissures sont apparues sur la façade de mon habitation." Un autre riverain évoque la poussière chargée en silice. "Depuis 2017, la silice est classée comme agent cancérigène au même titre que l’amiante. L’Europe demande à ses Etats membres de réduire les expositions à cette substance."

Administrateur délégué de la carrière, Benjamin Lambert souligne, pour sa part, que les riverains ont pu s’exprimer et transmettre leurs remarques en septembre dernier. " Ces réclamations ont été jointes à l’étude d’incidences laquelle est toujours en cours. Je rappelle qu’une phase de réaménagement du site est prévue en parallèle à l’extension programmée  sur une zone de carrière. Si nous n’augmentons pas la superficie, la carrière ne sera plus exploitable dans dix ans."

En ce qui concerne les nuisances évoquées par des riverains, il rappelle que lorsque sa société a racheté le site en janvier 2021, elle a pris des mesures pour les atténuer. " On a changé la méthode d’extraction, précise-t-il. Des capitonnages ont été placés pour limiter les nuisances sonores. Quant à la poussière, nous mettons tout en œuvre pour qu’elle incommode le moins possible le voisinage. On arrose tous les jours."

Ce dossier a un lourd passif. On se souvient que l’ordonnance de police prise en 1990, par le bourgmestre FF Joseph Moinet,  pour interdire les tirs de mine dénoncés par les riverains, avait été suivie d’une action en justice. La procédure s’était clôturée 23 ans plus tard et l’exploitant avait obtenu gain de cause. La commune de Bastogne avait été condamnée à lui payer un montant de 992 000 euros pour le préjudice causé par l'arrêt de l'activité.