Poursuivi pour homicide involontaire, l’ex de la jeune femme a refait parler de lui l’été dernier dans un contexte fort similaire

La nuit du 29 au 30 septembre 2016, Camille Peyraudeau perdait la vie dans un accident de la route à l’entrée du village de Buret, dans la commune d’Houffalize. La jeune femme de 17 ans circulait à bord d’une voiture conduite par son compagnon, Cyrille, quand leur véhicule a quitté la route pour s’écraser contre un arbre en pleine ligne droite.

Le conducteur doit aujourd’hui répondre d’homicide involontaire. Les réquisitoires et plaidoiries devaient se tenir cette semaine devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau. Mais un véritable coup de théâtre attendait les différentes parties à l’audience de ce mardi. Le ministère public a révélé l’existence de procès-verbaux dressé l’été dernier à l’encontre du prévenu pour harcèlement et vol avec violence dans le cadre d’un différend avec une ex-compagne.

"On débarque en pleine nuit, il est question de jalousie, on tente de s’emparer d’un téléphone… Monsieur en est même arrivé à commettre une tentative de suicide. Il y a de quoi être interpellé compte tenu du contexte fort similaire à celui ayant conduit à la mort de Camille Peyraudeau trois ans plus tôt", souligne le substitut du procureur du Roi Dimitri Gourdange.

Camille et Cyrille entretenaient en effet une relation houleuse, faite de disputes, de séparations et de réconciliations. Le soir du drame, le jeune homme avait quitté une soirée entre amis à Liège passablement énervé, pour se présenter au domicile de la jeune femme en pleine nuit. Il s’était introduit dans la maison familiale pour trouver Camille dans sa chambre. Les deux jeunes gens étaient ensuite montés à bord de la voiture.

D’après Cyrille, l’accident s’était produit sur le chemin du retour. Il aurait été surpris par un animal sur la chaussée. "On était en train de parler. J’ai été distrait. Si j’avais été seul, j’aurais regardé la route et cela ne serait pas arrivé", expliquait-il en novembre dernier durant l’instruction d’audience. Mais les questions subsistent. Quel était l’état d’esprit du conducteur ? Était-il sous l’influence de l’alcool ? Que s’est-il passé dans la voiture ? Des interrogations que les éléments communiqués mardi par le parquet ne font que relancer. Le ministère public a donc sollicité un report d’audience pour désigner un expert psychiatrique. "Nous aussi nous étions interpellés par le fait qu’aucune expertise psychiatrique n’avait été réalisée", souligne Laura Charlier, avocate de la partie civile. "Car si l’homicide involontaire a été retenu, nous allons quant à nous viser la prévention de meurtre."

L’affaire a été remise au 3 mars prochaine pour permettre la désignation d’un centre de santé mentale.