La majorité a donné gain de cause aux opposants au grand dam de la minorité

Suite et, sans doute, pas fin de la saga des chemins du Bois de Harre. Au conseil communal de Manhay, la requête de reconnaissance, déposée par le collectif de défense de ces chemins publics, a été approuvée majorité contre opposition.

La conséquence de cette délibération est double. Elle implique, d’une part, la reconnaissance de chemins utilisés par le public depuis plus de trente ans, situés pour partie, sur le tracé des sentiers n° 1, 23, 25 et 34, et pour partie, sur des tracés non repris à l’atlas ; d’autre part, l’abandon du projet d’aménagement d’un itinéraire de liaison sur la propriété d’Alfred Wilms, en compensation du déclassement souhaité par ce dernier.

Les opposants à la privatisation ont finalement obtenu gain de cause en se référant au jugement rendu par la justice de paix de La Roche-en-Ardenne. À l’époque, Alfred Wilms n’avait pas contesté l’usage trentenaire de ces chemins. Le collectif a appuyé sa demande sur cet argument. Le collège a pris sa décision sur base de cet aveu judiciaire et sur les documents cartographiques qui y étaient joints.

L’ancien bourgmestre Robert Wuidar n’a pas apprécié. Il a déclaré que cette délibération était illégale. Son groupe, qui était favorable au déclassement, sous certaines conditions, campe sur ses positions. Alfred Wilms, qui souhaitait éloigner les promeneurs de son château, va-t-il s’opposer à la décision ? Les opposants pensent qu’il n’en restera pas là et qu’il pourrait introduire un recours.

Reste qu’après le conseil communal, ils ont savouré leur victoire même s’ils sont conscients d’avoir gagné une bataille mais pas encore la guerre. Franca Etienne, la porte-parole du collectif, nous a confié que le plus important à ses yeux était d’avoir, enfin, le soutien des autorités communales. Elle a qualifié de sacré tournant la prise de position officielle de la commune sur les sentiers publics du Bois de Harre.

Nadia Lallemant