Ce mercredi matin, Frédéric de Thier, le directeur de la prison de Marche-en-Famenne, a été auditionné par les enquêteurs de la police judiciaire fédérale de Neufchâteau pendant environ trois heures à la suite de la plainte déposée par Stéphane Moreau.

Cette plainte fait suite à la libération en février dernier de Stéphane Moreau. Ce dernier a déposé une plainte à l’encontre du directeur de la prison de Marche-en-Famenne pour " violation du secret professionnel, coalition de fonctionnaires, corruption publique, atteinte aux libertés et aux droits constitutionnels par un fonctionnaire public “.

En résumé, Stéphane Moreau estime avoir été précipitamment libéré de la prison. Les médias étaient présents en masse lors de sa sortie et les images ont été largement partagées.

Elles montraient l’homme complètement recouvert de sa veste et d’une capuche portant des sacs en partant seul dans la nuit.

Stéphane Moreau se plaint de toute une série de choses, en raison de sa libération”, indique Me Alexandre Wilmotte, l’avocat du directeur de prison. “Mon client est directeur de prison depuis de longues années et c’est une grande première. Personne ne s’est jamais plaint d’être libéré de prison. Je peux même dire que je crois que c’est une première en Belgique". Ce qui le dérange principalement Monsieur Moreau, c’est d’avoir été confronté à la presse”, poursuit-il. “Mais la presse a été prévenue avant même que la prison n’en soit informée. Elle était déjà présente sur place avant que la direction ne soit avertie.”

Selon l’avocat, la prison n’avait d’autre choix.

L’institution pénitentiaire est là pour exécuter une décision de justice. Quand il a été décidé de libérer une personne, elle n’a pas pour vocation de garder en prison des gens qui doivent être libérés.”

La direction aurait encore attendu avant de faire sortir Stéphane Moreau, à la demande de ce dernier.

Pour être agréable, les intervenants ont tenté de trouver des solutions mais à un moment donné, personne ne venait le chercher. Il fallait bien le mettre dehors, sinon ça devenait une détention arbitraire. C’est assez surréaliste qu’on vienne reprocher à des gens d’avoir été agréables !”

L’avocat n’a jamais été confronté à un tel cas.

À titre personnel, je suis surpris par cette situation parce que je ne vois pas en quoi on pourrait reprocher à une administration pénitentiaire de suivre les procédures. Lorsqu’une décision de justice ordonne la libération d’une personne, on ne peut pas la retenir alors qu’elle n’a plus rien à faire en prison.”

Le directeur et son avocat sont confiants. “J’imagine fort mal des poursuites, parce qu’il n’y a pas la moindre infraction. À l’issue de la procédure, nous prendrons attitude pour voir quelle suite est à réserver à cette situation”, termine Me Alexandre Wilmotte.