Bastogne - Vielsalm Le tribunal de l’Entreprise de Liège a refusé de prolonger cette mesure. Un CA aura lieu ce mercredi

Alors que Qualibeef (ex-Veviba) tourne toujours au ralenti, le tribunal de l’Entreprise de Liège vient de mettre fin à la réorganisation judiciaire dont l’entreprise bénéficiait depuis trois mois. Un nouveau coup dur pour les deux sociétés de Bastogne.

"Nous pensions que cette mesure qui nous mettait à l’abri des créanciers serait prolongée", réagit Christian Kerkhofs, CEO de Qualibeef et de la société Abattoir et Marché de Bastogne (AMB). "Ce jugement nous a surpris. Un conseil d’administration est programmé ce mercredi afin de tenter de trouver un plan B pour éviter la faillite."

L’administrateur-délégué précise que les dossiers qui sont toujours pendants à l’auditorat du travail et au parquet du Luxembourg expliquent la décision du tribunal. "L’instruction n’est pas clôturée et les congélateurs sont toujours sous scellés", poursuit-il. "Récemment, nous avons perdu un gros client à cause de cela. En effet, il a refusé qu’après l’abattage, la viande soit congelée ailleurs."

Les pertes cumulées pour les trois derniers mois, qui s’élèvent à plus de 1,6 million d’euros, sont également entrées en ligne de compte dans le jugement qui vient d’être rendu et contre lequel les deux sociétés ne peuvent interjeter appel. Le scandale sanitaire qui a secoué Veviba, au printemps 2018, et les soupçons de fraude à l’étiquetage et de commercialisation de viande impropre à la consommation sont encore dans toutes les mémoires. Dans ces conditions, la relance de l’outil n’est pas simple.

Actuellement, les lignes d’abattage et de découpe occupent une cinquantaine de personnes qui travaillent à temps plein ou à temps partiel. "Le volume actuel, à savoir de 250 à 350 bovins par semaine n’est pas suffisant pour relancer l’activité. Il en faudrait au moins 600. Cela dit, je reste confiant. Je me battrai jusqu’au bout pour maintenir l’emploi et éviter la fermeture. A ce stade, toutes les pistes sont encore envisageables", conclut Christian Kerkhofs.

Nadia Lallemant