Les faits de rébellion et d’attaque sont en hausse dans la zone de police Famenne Ardenne. Alors que les policiers en dénombraient 28 en 2016, ils en comptaient 59 quatre ans plus tard. De 2017 à 2020, 36 rébellions ont entraîné une incapacité de travail, soit au total 2 944 jours. Une moyenne de 736 jours d’incapacité par an cause l’absence de 3,3 policiers avec, comme coût indirect, un montant de 300 000 euros de primes d’assurance liées aux accidents de travail.

Ces chiffres ont été cités, au récent conseil communal de Gouvy, par le commissaire divisionnaire Daniel Sommelette, chef de corps de la zone de police Famenne Ardenne, dans le cadre de la demande d’autorisation de l’utilisation des caméras mobiles portatives de type bodycam sur le territoire communal.

"L’objectif est double : accroître la sécurité et le bien-être des policiers et renforcer le professionnalisme et la qualité des interventions policières, a-t-il précisé. Ces caméras mobiles apaisent les relations, réduisent les faits de violence ainsi que le nombre de plaintes non fondées à l’encontre des services de police."

Des garanties sont apportées dans le sens où leur utilisation est encadrée par la loi. "Les policiers du service d’intervention les porteront en permanence tandis qu’elles seront facultatives pour les agents de quartier. L’enregistrement ne sera pas automatique : il sera activé sur base d’une analyse de risque et les citoyens en seront avisés. La zone disposera de trente bodycams."

À la question de Louis Annet relative à la peur des citoyens face à ce matériel, le chef de corps a précisé que ces caméras vont rétablir un équilibre entre les citoyens qui filment les interventions policières et les diffusent sur les réseaux sociaux et la police. " Très souvent, c’est la parole de l’un contre la parole de l’autre. Désormais, on ne pourra plus mettre en doute la parole du policier. Une évaluation sera réalisée dans un an." Au vote, unanimité.

N.L.