Bastogne - Vielsalm Selon le DNF, la procédure a été respectée mais le clos d’équarrissage tarde à intervenir

"Un cerf décapité a été laissé à la vue de tous pendant plusieurs jours en bordure de la N 89. C’est honteux !"

Eric Hardy, entrepreneur à Samrée (La Roche-en-Ardenne) et chasseur dans la région de Houffalize, a été scandalisé par ce qu’il a vu vendredi entre Samrée et La Baraque de Fraiture (Vielsalm). Il a décidé de témoigner pour dénoncer ce genre de pratique.

"Lorsque je suis passé en voiture, vendredi vers 5 heures du matin, j’ai vu un cerf accidenté couché sur l’accotement, entouré d’agents du DNF", se souvient-il. "Vers 7 h, l’animal se trouvait toujours au même endroit mais il était décapité. Le même jour, à 15 h 30, j’ai été surpris de voir les lettres DNF peintes sur l’animal."

Le Rochois est en colère car la carcasse est restée ainsi le long d’une voirie très fréquentée du vendredi jusqu’au dimanche matin. "Dimanche vers 13 h, des agents du DNF l’ont recouverte d’une bâche", poursuit-il. "Mardi, elle n’avait toujours pas été enlevée et plusieurs automobilistes se sont arrêtés pour voir ce qu’il y avait en dessous de cette bâche estampillée DNF."

Eric Hardy s’étonne que le Département Nature et Forêt laisse ainsi pourrir un gibier alors qu’il aurait pu être offert à une maison de repos ou un CPAS de la région. "Ces 180 kilos de viande auraient pu être récupérés. C’est parfaitement scandaleux !", s’insurge le Rochois.

Au DNF , la cheffe du cantonnement de La Roche-en-Ardenne indique, pour sa part, que la procédure a été respectée. "Ce cerf, âgé d’une dizaine d’années, a été renversé par un 4 x 4 dans la nuit de jeudi à vendredi", explique-t-elle. "Nous sommes allés sur place et avons constaté que sa colonne vertébrale était brisée. Par conséquent, nous avons été contraints de l’achever avec une arme à feu. La tête avec les bois a été enlevée et transportée au bureau du cantonnement, comme la procédure le prévoit. Le cerf a ensuite été recouvert d’une bâche pour qu’il n’attire plus l’attention."

Reste que le clos d’équarrissage, chargé de l’enlèvement, n’est pas intervenu dans les délais souhaités par le DNF. "La société Rendac, avec laquelle nous travaillons, aurait dû l’enlever le jour-même. Elle est moins réactive quand on ne donne pas d’adresse précise. A ce jour, elle n’est pas encore intervenue alors que nous lui avons envoyé six rappels."

© D.R.