Vincent Grégoire de Cherain travaille au Center Parcs d’Eemhof avec ses ouvriers.

Le couvreur Vincent Grégoire, patron d’une SPRL à Cherain (Gouvy) vit, depuis le 18 mars, date à laquelle les mesures de confinement sont entrées en vigueur en Belgique, une situation inédite, sur un chantier à l’étranger.

"Je suis arrivé le 17 mars sur le chantier aux Pays-Bas où travaillaient déjà une vingtaine d’ouvriers en détachement", explique-il. "En effet, ma société a décroché un marché important au Center Parks d’Eemhof. La rénovation du bardage des bungalows lui a été confiée. Le lendemain de mon arrivée, j'ai appris que des mesures très strictes étaient prises en Belgique pour limiter la propagation du coronavirus."

Alors qu’au départ, il était prévu qu’il reste aux Pays-Bas pendant deux jours, le confinement a changé la donne. Il y vit depuis une dizaine de jours. "La décision du Conseil national de sécurité a bouleversé les ouvriers", poursuit-il. "Certains voulaient rentrer chez eux. J’ai décidé de rester pour assurer la cohésion de l’équipe et permettre la poursuite des travaux. En effet, aux Pays-Bas, on ne nous donne aucun répit. Si je ferme le chantier, je risque de gros problèmes."

Le Gouvyon a installé son QG dans l’un des bungalows du Center Parks. Il y a placé son ordinateur et ses cartons. "Je suis tracassé d’une part pour mon épouse et mes jumeaux de six ans  ainsi que pour le reste de ma famille et le personnel ouvrier restés en Belgique, d’autre part pour l’approvisionnement en matériaux. En effet, de nombreuses entreprises ferment en Belgique et je crains de manquer de certaines pièces dans les prochaines semaines pour réaliser le bardage."

Pour l’heure, Vincent Grégoire n’envisage pas de rentrer en Belgique. Deux de ses ouvriers, Jessy et Jonathan, font actuellement les trajets entre Eemhof et Cherain losrque certaines pièces ou documents viennent à manquer. Ils sont munis d’une attestation signée par leur employeur qui leur permet de franchir la frontière.

Ces allées et venues seront-elles toujours possibles dans les jours ou semaines à venir ? La question taraude le chef d’entreprise. Il craint, par ailleurs, que le chantier ne soit bloqué aux Pays-Bas.

Nadia Lallemant