Depuis le début du mois d’août, les pharmaciens locaux ne fournissent plus de médicaments à la maison de repos et de soins La Bouvière à Vielsalm. A la suite de l’appel d’offres lancé par Vivalia, c’est, en effet, une pharmacie de Wellin qui a décroché le marché.

Au récent conseil communal de Vielsalm, le conseiller de la minorité Comm’vous, André Boulangé, a déploré ce changement qui a des conséquences négatives tant pour le personnel de soins que pour les résidents.

 " Plusieurs infirmières m'ont contacté pour se plaindre de ce changement", a-t-il expliqué.  "Les médicaments ne sont plus conditionnés, comme avant, manuellement par les pharmaciens. Robotisés, ils sont répartis dans des petits sachets. Il y en a 500 à ouvrir par jour, ce qui représente un surcroît de travail."

Les délais de livraison posent aussi problème.  " Avant le 1er août, les pharmaciens salmiens portaient eux-mêmes les médicaments au home quand c’était nécessaire. Le délai entre la prescription du médecin et la livraison était très court. A présent, il n’y a plus qu’une seule livraison quotidienne à midi. S’il y a une urgence, le temps d’attente est trop long."

Selon le mandataire, les infirmières, surchargées, ont encore moins de temps à consacrer aux résidents.  " Elles n’en peuvent plus. Ce changement de fournisseur est inacceptable : confier le marché à une pharmacie de Wellin alors qu’il y a des pharmaciens à Vielsalm, c’est aberrant ! Ce choix est, sans doute, guidé par le principe  Les Amis de mes amis."

Le bourgmestre Elie Deblire a souligné que ces propos étaient difficiles à entendre d’autant qu’il n’a eu aucun écho négatif lié au changement de fournisseur de médicaments. François Rion de la minorité Ecolo a regretté que Vivalia n’opte pas pour des pharmacies situées à proximité de la maison de repos et de soins.

De son côté, Jacques Gennen, conseiller de Comm’Vous, a indiqué qu’il y a, effectivement, un souci, à La Bouvière. "On le sait, le personnel s'investit dans des conditions difficiles", a-t-il souligné. "Cela dit, il peut y avoir des manquements. Certains faits ont été dénoncés récemment par les enfants d’un résident." Le mandataire constate, par ailleurs,  qu’il y a une grande difficulté à engager des infirmières. "Certaines quittent l’établissement pour travailler au Luxembourg. Vivalia ne cesse de répéter qu’il y a trop de personnel. La pression sur le plan financier va continuer à s’exercer. Il ne faut pas oublier que les aînés sont des êtres humains qui ont la même place que nous et que les plus jeunes d’entre nous."