"C’est un bon cru. Peut-être pas le meilleur, mais je peux dire que ça annonce d’ores et déjà une bonne saison", explique Didier Munaut, producteur de pommes en Gaume.

Les avis des professionnels du secteur sont unanimes : la période pour récolter les pommes est en avance. Comptez environ une bonne dizaine de jours, par rapport à l’an dernier. "Les conditions étaient optimales, contrairement à ce que l’on pouvait penser avec la sécheresse. De notre côté, on a même dû refuser de démarrer nos activités (NDLR : le pressoir) plus tôt, malgré les demandes des particuliers et autres clients. Il fallait d’abord ramasser les fruits et se débarrasser des non-exploitables, tombés de l’arbre. Nous avons effectué ce travail fin août. L’ouverture officielle pour presser les fruits s’est faite le 12 septembre. Je ne pense quand même pas qu’on travaillera jusqu’au 31 octobre, date de clôture du pressoir. On devrait tout presser bien avant", poursuit-il.

Avec la crise du Covid, Didier a dû s’adapter et a aussi pu améliorer sa programmation. "Un système de réservation a été créé, puis mis en ligne sur Internet. Les gens sont demandeurs. C’est plus facile. Comme au contrôle technique : vous réservez un horaire et vous amenez vos pommes. On les presse. Le covid a eu du bon", en rit-il.

Les mines sont tout aussi réjouies ailleurs dans la Province. Par exemple du côté de Rachecourt, où les pressoirs tournent déjà. Même son de cloche à Orsinfaing (Habay), chez Vivajus. "Les récoltes sont bonnes. Les quantités varient en fonction des régions. Il y en plus en Gaume, un peu moins en Ardennes. Globalement, on est loin du record de 2018, mais cela reste une année très correct. Ce qui est bien cette année, c’est que tout le monde ne vient pas en même temps chez nous. On a connu des périodes où on était pris de court, tellement c’était le rush. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, même si on fait la file", explique Philippe et Vincent, les deux gérants du site. Les quantités définitives (CA et récolte totale) ne seront connues qu’à la fin de la saison.

Laurent Trotta