L’histoire de Camille Rockens est touchante. Ce Chestrolais est bientôt âgé de 57 ans, il habite à proximité du centre-ville. Il y a quelques mois, il perd son emploi chez Thomas&Piron, une entreprise spécialisée dans la construction. Au chômage, il décide de ne pas rester inactif et se met à disposition de la commune.

"Je serai prépensionné à 61 ans. J’ai encore envie de travailler, d’être utile. A la maison, je tourne en rond", dit-il. Depuis fin mai/début juin 2020, il participe au nettoyage de Neufchâteau. "Je suis peut-être le seul bénévole à entretenir sa ville en Belgique. J’ai commencé à nettoyer et/ou réparer certains endroits, rues, quartiers. Quelques pavés par-ci, par-là. Les frotter. Rafistoler une chapelle du côté de Semel. Divers menus travaux, comme on dit… Puis j’ai fait une petite pause. Et cet hiver, je me charge de déneiger certains trottoirs et autres endroits de la commune", ajoute notre homme, sourire aux lèvres.

Avec le temps, la population a appris à le connaître et le prend d’ailleurs pour un ouvrier communal. "Sauf que je n’ai pas de contrat. S’il m’arrive un accident ? Tant pis, mais je ne peux mal, vous savez !" Il n’est pas rare que certains commerçants ou particuliers lui donnent ensuite une dringuelle, un pourboire de quelques euros pour le service accompli. Camille, c’est un bosseur. Il effectue des journées complètes, quand ça lui chante. "Je me lève tôt, je suis parfois en rue dès 6 heures du matin. Jusque 15 heures. Mon idole, c’est Johnny Hallyday. Avec le casque sur la tête, je chante souvent en travaillant. Mais à cette heure-là, les riverains me crient dessus et me demandent d’arrêter", dit-il en riant.

Pour l’aider, la commune lui a fourni du matériel, dont une brouette avec inscrit dessus K-1000, pour Camille. "C’est une personne méticuleuse, très compétente. C’est assurément le Chestrolais de l’année ! S’il y avait un prix à lui remettre, on le ferait", explique même l’échevin de la propreté, Vincent Parache. Mais l’élu pensait remercier davantage ce bénévole en lui offrant un boulot… "Tout travail mérite salaire. On voulait lui proposer un contrat bénévole. Mais sans trop rentrer dans les détails, l’ONEM nous a communiqué que ce n’était pas possible dans son cas", explique-t-il.