L’arrivée de migrants sur les aires d’autoroute inquiète les transporteurs.

Dans la soirée de jeudi à vendredi, un chauffeur routier, qui faisait une pause dans la région d’Arlon, a surpris quelques migrants qui voulaient pénétrer dans sa remorque.

"La police est ensuite intervenue. Tout s’est finalement bien passé, mais ça fait quand même peur de voir plusieurs individus vouloir grimper à bord de son camion", confiait-il.

Un peu plus loin à Habay, on retrouve un nombre incalculable de véhicules sur le vaste parking du Truck center. Dont notamment le camion de Marian Jazwa. Ce chauffeur polonais s’arrête chaque semaine sur ce parking. Il connaît bien l’endroit. Selon notre homme, Habay est devenue en quelques mois une place importante pour les migrants. Un endroit de passage obligatoire. C’est donc ici que ces personnes tentent de monter dans les camions pour rejoindre leur eldorado, bien souvent le Royaume-Uni.

"Ça m’est déjà arrivé à deux reprises. La première fois, j’avais chargé à Anvers l’après-midi et je devais livrer la marchandise en France le lendemain. J’ai fait une pause de 45 minutes sur le parking. A peine arrêté, j’ai entendu du bruit venant de l’arrière de la remorque. J’ai à peine eu le temps de sortir pour voir que la bâche était ouverte et au loin, trois personnes avaient pris la fuite. Voulaient-elles monter ou bien sont-elles descendues du camion ? Je n’en sais rien. Mais je n’étais pas rassuré. Ce scénario s’est reproduit quelques semaines plus tard", dit-il.

Marian, en tant que chauffeur routier expérimenté, avoue quand même avoir peur aujourd’hui qu’un migrant ne soit caché dans son véhicule. "On ne sait jamais sur qui on peut tomber. On en parle entre nous, les chauffeurs. On pense d’abord à nos proches. Tout le monde craint pour sa sécurité et on ne sait pas dire ce qu’on est capable de faire en cas de problème. Vous savez, on entend pas mal de choses. Que peuvent-ils faire ? Sont-ils prêts à tout pour grimper ? On ne saurait jamais le deviner", ajoute notre homme.

A l’entendre, les autoroutes belges ne seraient guère rassurantes. "On ne voit pas beaucoup de policiers sur les aires d’autoroute. C’est assez rare, en effet. La nuit, on est censé dormir. Au lieu de ça, on ne dort que d’un oeil. A côté des vols, voilà qu’on n’ose plus dormir à cause des migrants. On n’a rien contre eux, on les comprend. Mais on ne peut pas non plus prendre de risques pour notre sécurité. Je connais des chauffeurs ont décidé de s’équiper. Ils voyagent avec une arme à feu/pistolet dans le tableau de bord. Un jour, ça risque de mal se passer."

Des propos qui sont quand même assez inquiétants et qui posent question.

L.T.