Luxembourg La nouvelle majorité a retiré la décision prise en novembre. Un retrait illégal selon la minorité.

Le torchon brûle à Manhay. Le projet d’aménagement d’un chemin de liaison à Harre, approuvé le 13 novembre dernier, en compensation du déclassement par la justice de paix de plusieurs chemins vicinaux, a été retiré au conseil communal, majorité contre opposition.

Le bourgmestre Marc Generet a proposé le retrait de cette décision d’une part car elle ne répond pas aux nombreuses réclamations formulées dans le cadre de l’enquête publique - ce nouveau chemin devait être aménagé dans une zone Natura 2000 -, d’autre part, car, à ce stade, les éléments du dossier administratif ne permettent pas d’établir le caractère strictement privé des sentiers traversant le Bois de Harre et/ou l’absence de servitudes de passage d’utilité publique.

Ce retrait a fait un tollé dans les rangs de l’ancienne majorité, à l’origine de cette décision. "Ce retrait est illégal !", s’est insurgé l’ancien bourgmestre Pascal Daulne, mandataire de la minorité. "Non seulement, la décision n’est pas irrégulière mais en plus le délai pour la supprimer est largement dépassé puisque le nouveau décret voirie le fixe à quinze jours ! Cette décision ne peut même pas être attaquée au Conseil d’État puisqu’aucun recours n’a été introduit dans les délais auprès de l’autorité de tutelle."

Malgré cette levée de boucliers, la nouvelle majorité a poursuivi sur sa lancée proposant de prendre une décision après retrait, à savoir de refuser la création de ce chemin, tant que la question de l’existence de servitudes de passage d’utilité publique dans le Bois de Harre ne serait pas réglée.

En colère, les conseillers de la minorité ont quitté la salle du conseil refusant de voter sur ce point, jugé inacceptable. Unanimité, bien sûr, dans les rangs de la majorité. Franca Étienne, la porte-parole du collectif de défense des chemins et des sentiers publics du Bois de Harre, s’est réjouie après le conseil que la nouvelle majorité tienne compte de la volonté des habitants et des arguments pertinents développés dans les nombreuses pétitions.

Nadia Lallemant