Deux témoins entendus mercredi devant la cour d'assises du Luxembourg, au procès de Clara Maes (89 ans) devant répondre du meurtre de Suzanne Thibeau (93 ans) en janvier 2015 à Libramont, ont indiqué que l'accusée était bien au courant des avoirs et des dispositions de la victime à son égard concernant son patrimoine.

L’audience a débuté avec le témoignage du notaire de Suzanne Thibeau. Il rappelle d’abord que sa cliente avait bien toute sa tête lorsqu’elle a pris sa décision concernant les conditions liées à son héritage. On parle notamment d’une donation, puis du testament à proprement parlé. « Suzanne possédait une société à Libramont et elle avait des parts majoritaires dans celle-ci (51%). En cas de décès, pour les parts de la société et les avoirs financiers non donnés, soit c’est le testament qui décide, soit il y a des héritiers légaux.

Ici, Clara Maes devait recevoir 70% (de ces 51%) et une autre héritière bénéficier des 30% restant. Ce qui amènera surement la vente de l’immeuble. Un testament authentique a aussi été rédigé en septembre 2014. Sur la donation…"On parle ici d’un montant proche de 290.000 euros, au bénéfice de l’accusée. Je confirme que Clara Maes était présente le jour où je suis venu expliquer tous les détails liés à cette opération. Comme Suzanne ne savait pas se déplacer, je me suis rendu chez elle", dit le notaire.

Me Kauten en profite pour insister sur le fait que l’accusée a toujours démenti connaître le contenu de la donation ou du testament. "Vous venez de l’entendre! Le témoin affirme sous serment que Clara Maes connaissait tous les détails". Le juge demande à l’accusée si elle souhaite changer sa version, mais celle-ci ne varie guère. "Non, je ne savais pas", affirme une fois encore l’octogénaire. Le conseiller fiscal de Suzanne Thibeau vient ensuite confirmer les dires de son collègue. "Elle était toujours présente. Elle connaissait donc tout le volet financier." Mais pour lui, la défunte avait bel et bien toute sa tête. Elle ne peut donc pas avoir été influencée par l’accusée. En clair, elle n’a pas subi de pression de Clara Maes pour prendre une décision, "car elle a mis des mois avant de se décider et avant de rédiger les termes liés au testament."

L’audience a été interrompue vers 11 heures. Les psychologues prendront la parole cet après-midi.