Un point concernant l’avenir du tourisme dans la province a fait débat ce vendredi et polémique ce week-end.

Lors du conseil provincial de ce vendredi 29 novembre, un échange assez tendu entre Olivier Barthélémy (conseiller provincial) et Marie-Ève Hannard, députée provinciale ayant notamment en charge le Tourisme, a eu lieu.

La polémique portait sur un point prévu à l’ordre du jour, concernant la reconnaissance du Service provincial du Tourisme comme Fédération touristique provinciale.

Selon le conseiller, on ne pouvait pas voter ce point car il manquait un document important dans ce dossier. "Dans le courrier adressé par le Commissariat général au Tourisme (CGT) le 31/10, il est fait mention d’un dossier annexé. Or, dans les documents à destination des conseillers provinciaux, qui sont disponibles sur le portail provincial (Internet) , on ne retrouvait aucun dossier annexé. Nous devions donc nous prononcer sur un dossier inexistant. Ce qui revenait à approuver du vide. Bref, un chat dans un sac", explique Olivier Barthélémy, qui a donc interpellé la députée Hannard pour lui demander de reporter ce point, crucial pour l’avenir du secteur touristique.

"Je suis donc intervenu pour déplorer cet état de fait. Puis, avec mon collègue Michel Jacquet, revenir à nouveau sur l’absence de considération vis-à-vis du secteur associatif touristique. Je parle ici d’une navigation à vue et sans perspective pour le tourisme provincial. Le tourisme dans la province mérite plus que cet amateurisme et ce copinage politique, orchestré par Marie-Ève Hannard depuis quelque temps", ajoute-t-il.

Des propos durs adressés à Marie-Ève Hannard, coupable selon lui d’avoir tout fait ces derniers mois pour limiter les initiatives venant des acteurs du tourisme.

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"Les bénévoles, responsables des Maisons de tourisme ou des syndicats d’initiative n’ont déjà plus trop la parole. Dans le futur, cela risque d’être pire. Ils ne s’en rendent peut-être pas encore compte. On se dirigera vers une personne/entité (la Province) qui sera la seule à prendre des décisions dans le secteur touristique d’ici quelques mois", conclut-il.

À noter que ce point a finalement été retiré de la séance de vendredi, mais, comme la Province devait se prononcer avant le 1er décembre, l’avis du conseil provincial sera réputé favorable par défaut pour le CGT.

Marie-Eve Hannard répond à Olivier Barthelemy. "une tempête dans un verre d’eau"

Face à ces accusations, la députée provinciale réagit. "Je tiens à préciser que le dossier dont il a été question était parfaitement complet. L’annexe n’a pu être publiée sur le portail, mais un coup de fil aux services aurait suffi, le dossier aurait été envoyé dans la seconde."

Elle qualifie la polémique de tempête dans un verre d’eau. "Cet incident est révélateur d’un état d’esprit peu constructif de la part de certains conseillers depuis des mois : invoquer des aspects « administratifs » pour polluer les débats et discréditer. Cela ne laisse malheureusement pas la place aux vrais débats de fond et de projet. Pas un seul mot sur tout le travail d’accompagnement que l’on exerce au quotidien pour aider nos hôtels, nos hébergements, nos attractions, le comptoir hôtel, les futures formations langues, en numérique et e-réputation..."

Quant à l'accusation de déforcer le secteur associatif: "Il a toujours eu une place importante dans notre politique. Dois-je rappeler les aides aux sections locales, aux syndicats d’initiative, aux maisons du tourisme...? Depuis des mois, je plaide pour impliquer encore davantage les acteurs de terrain. Je souhaite non seulement maintenir l’implication du secteur associatif, mais aussi associer le secteur privé (hôtels, campings, attractions) . Et c’est justement pour que l’ensemble de ces acteurs puissent faire entendre leur voix et leurs besoins que j’ai proposé la création du comité consultatif du tourisme. Alors, permettez-moi de sourire quand j’entends que la province prendrait seule les décisions."

Avant de lancer l'estocade. "Amateurisme, copinage politique, navigation à vue… des mots durs que je ne peux tolérer, au regard de nos nombreux projets et de l’important travail que l’on mène au quotidien, mais qui sont malheureusement passés sous silence, volontairement occultés par les débats de forme. Je suis de nature optimiste, et j’espère que la bonne foi, les débats sereins et constructifs retrouveront leur place dans l’hémicycle. Parce que le secteur touristique en a besoin. Parce qu’aussi, c’est l’image de la politique, de la province qu’on donne notamment aux jeunes qui est en jeu", conclut-elle.