Luxembourg

Pour le groupe Ecolo+, l’interdiction de la mendicité à Arlon est inacceptable.

 Le Collège communal de la ville d’Arlon a récemment mis au vote une modification de l’article 21 du Règlement général de police relatif à la mendicité. Cette modification a pour but d’interdire la mendicité dans Arlon. Ce point irrite fortement le groupe Ecolo+ qui souhaite réagir aujourd’hui. 

« La mendicité est interdite sur toute la longueur de la façade des bâtiments abritant des commerces et établissements bancaires, ainsi que sur une distance de 10 mètres de part et d’autre desdits bâtiments. La mendicité est également interdite à l’occasion des manifestations spécifiques suivantes : le marché de Noël, les marchés hebdomadaires ainsi que lors des fêtes et kermesses locales, pendant la durée et aux endroits du domaine public où elles se déroulent », résume aujourd’hui Romain Gaudron, le chef de file.

 La majorité (cdH-MR) se justifie en disant qu’elle a notamment pris ces mesures pour garantir la sécurité publique. « Exact. Elle met en avant les bandes organisées qui profitent de la mendicité. Ces bandes « déposent » parfois des mendiants le matin et viennent les récupérer en fin de journée », ajoute-t-il. 

On rappelle que depuis 1993, la mendicité n’est plus considérée comme étant un délit en Belgique. « A Arlon, on revient en arrière. La mendicité amène des problèmes de troubles publics? Oui, mais il y a déjà la police qui se charge de ce genre de problème. La police a aussi autre chose à faire que la chasse permanente au mendiant. Pourquoi l’interdire aujourd’hui de manière générale? Agissons plutôt sur les comportements problématiques plutôt que de sanctionner tout le monde. Ne nous voilons pas la face et ne repoussons pas les mendiants en cachant la misère. Et en les faisant sortir de la ville. » Ecolo+ a ainsi voté contre cette modification du règlement de police. 

« Couvrez ce pauvre que je ne saurais voir, comme on peut le lire dans le Tartuffe de Molière. En 2019 à Arlon, ce sont les pauvres que les autorités communales ne veulent plus voir. La pauvreté est choquante. Elle ne mérite pas du déni mais des actes. Aidons-les plus démunis plutôt que de les dégager », conclut-il.



L.TR