" L’heure est grave, très grave même . Pour reprendre une expression entendue hier lors de la conférence des bourgmestres par la médecine générale et le directeur aux affaires médicales de Vivalia, il est n’est plus minuit moins une mais minuit moins trente secondes", C’est en ces termes que le gouverneur de la province de Luxembourg, Olivier Schmitz, s’est adressé au conseil provincial, réuni pour la première fois de son histoire en vidéoconférence.

 " Chaque jour, en Belgique, ce sont plus de 13 000 personnes qui sont testées positives au Covid19. En Wallonie, l’incidence dépasse les 1200 cas par 100 000 habitants", a-t-il souligné.  "A titre de comparaison, les départements français qui connaissent un couvre-feu ont une incidence de 250. Si la Wallonie était un pays, elle serait le plus touché d’Europe, et de loin... Dans certaines provinces, le taux de positivité est tel, qu’une personne testée sur trois est positive. En province de Luxembourg, ce taux est de 20%."

Le gouverneur a salué le travail des laboratoires de Vivalia qui font partie des rares à pouvoir suivre le rythme et assurer des résultats dans des délais raisonnables.  " La tranche d’âge la plus touchée reste encore les 20-29 ans. Mais la tendance se déplace rapidement vers les autres tranches d’âge qui voient leur nombre de cas augmenter de manière exponentielle. La logique de ce virus traduit ces augmentations en un afflux massif de patients dans les hôpitaux."

Alors que jeudi soir, 110 personnes étaient hospitalisées chez Vivalia dont 17 aux soins intensifs, ce vendredi matin, elles sont 133 dont 19 aux soins intensifs. " Ces chiffres évoluent malheureusement d’heures en heures. Cette semaine, en Région wallonne,  le triste record du nombre d’admissions à l’hôpital a été battu. Plus encore qu’au plus fort de la première vague. Le ministre Vandenbroucke a annoncé que l’ensemble des hôpitaux activait la phase d’alerte 2A (soit pour vivalia prévoir 31 lits USI « Covid »). Nous arrivons donc déjà à la limite de cette phase."

"Par rapport à la première vague de mars dernier, les hôpitaux doivent faire face aux reports des interventions jugées non-urgentes en mars qui le sont dorénavant, au pic classique des admissions de la période automnale-hivernale et à la fatigue et l’absentéisme du personnel médical", a poursuivi Olivier Schmitz.  " Cela signifie que pour un besoin plus important encore qu’en mars-avril, la capacité hospitalière est plus réduite. La pression sur les unités de soins intensifs covid va se faire de plus en plus forte. Il est donc primordial de baisser la pression sur les unités de soins intensifs classique en réduisant, comme lors de la première vague, au maximum les activités non-essentielles."

Le gouverneur a indiqué, par ailleurs, que ce l’on avait toujours craint lors de la première vague est en train de se produire lors de cette seconde vague. " Nos hôpitaux arrivent au bout de leurs capacités. Demain, ils ne seront peut-être plus en mesure de prendre en charge chaque patient nécessitant des soins, qu’ils soient liés au covid ou non. Face à l'ampleur de la situation, je plaide avec force pour des mesures plus drastiques, sans plus attendre. Cette seconde vague s’annonce encore plus dévastatrice que ne l’a été la première. Nous nous apprêtons à traverser un automne sombre, très sombre. Durant les prochaines semaines, chaque jour les nouvelles seront plus mauvaises que la veille, avec de plus en plus de personnes hospitalisées et de plus en plus de personnes qui décèderont. Nous aurons besoin, comme lors de la première vague, de la mobilisation de toutes les forces vives."

Enfin, le gouverneur a remercié officiellement la Province pour l’aide apportée lors de la première vague ainsi que pour les propositions de soutien déjà formulées par le Collège pour cette deuxième vague. "Chaque citoyen doit prendre la pleine mesure de sa responsabilité sociétale. Nous devons en tout temps appliquer les gestes barrières. En cas de doute, même mineur, sur votre état de santé, prenez contact avec votre médecin. Respectez bien les quarantaines jusqu’au bout. Si vous vous faites tester, respecter une quarantaine dans l’attente des résultats. Nous ne pouvons plus accepter de laxisme par rapport à ces règles de base. Face à cette crise sans précédent aux conséquences les plus dramatiques qui soient, nous avons toutes et tous un rôle à jouer. La responsabilité est collective ! Faisons preuve de solidarité, pour nous, pour nos proches, pour nos malades, pour nos soignants.", a-t-il conclu.