Chaque année lors des festivités du 15 août, le théâtre satirique des Mautchîs Mî Tchîs qu’Ti se paye l’actualité marchoise à grand renfort d’injures en wallon et aux expressions truculentes. Une institution du folklore local, privée cette année de scène pour cause de Coronavirus. 

Faute de 15 août, la troupe a choisi de se réinventer sur les réseaux sociaux. Résultat : 5 capsules vidéo de quelques minutes chacune, distillées sur Facebook à raison d’une vidéo tous les 3-4 jours. « C’est une toute autre façon de travailler », explique l’un des membres. « Le rythme est différent, les saynètes plus courtes, plus intenses... À cela s’ajoute le format, qu’il a fallu apprivoiser. Malgré les difficultés, le groupe a su faire de cette année une opportunité à un moment charnière de son existence : le passage de flambeau entre les générations. On s’était d’abord résigné à ne pas faire de pièce. Puis les jeunes sont arrivés avec une proposition. Au final, le contexte a donné lieu à un véritable partage de savoir-faire. Les plus jeunes ont démontré leur envie de perpétuer l’esprit du groupe tout en faisant profiter les anciens de leurs compétences en matière de numérique, les anciens leur transmettant leur savoir-faire en termes d’écriture. »

 L’histoire envoie Gugusse, figure emblématique des traditions marchoises, enquêter sur la façon dont les habitants de la ville se préparent à la seconde vague de l’épidémie. On y parle de guéguerres entre commerçants et autre transmission du virus par les pets. Une bande-annonce et deux vidéos ont dores-et-déjà été postées sur le Facebook de Gugusse Dimautche. De quoi faire le bonheur des orphelins du 15 août marchois. Quant aux non-initiés, ils n’y comprendront sans doute pas grand-chose…