Le prévenu avait envoyé une photo de lui nu à un mineur d’âge.

Mais qu’est-ce qui s’est donc passé dans la tête de Marc (prénom d’emprunt) en décembre 2018 ? Ce trentenaire, qui se savait pourtant déjà condamné par la justice trois ans auparavant pour des faits de viol et divers attouchements sur un mineur d’âge, et qui est encore en sursis aujourd’hui, a clairement mis sa tête en jeu le jour où il a récidivé. Le gaillard, penaud et réaliste avant l’audience, nous confiait son désarroi. "Oui, je le savais. Je suis toujours en sursis et je n’avais plus le droit à l’erreur. J’ai déconné ! Je reconnais les faits qui me sont reprochés. Mais jamais, je n’ai eu des pensées malsaines quand j’ai envoyé ces photos. C’est plus une bêtise de ma part", nous dit-il. Il le répétera ensuite devant le juge, parfois en pleurs.

Les faits reprochés ? Nous sommes en décembre 2018. Marc, qui se trouve à ce moment dans sa baignoire, se détend. Seul. Il manipule aussi son GSM. "Je parlais avec des amis, mon filleul et ma femme sur Facebook. J’avais donc plusieurs fenêtres de conversation ouvertes en même temps", dit-il. Sauf qu’il va envoyer deux photos à son filleul, membre de sa famille. Des photos gênantes où on voit Marc dans le plus simple appareil.

"Je voulais les envoyer à ma femme. Ce n’aurait pas été la première fois. Ça nous arrive parfois d’échanger ce type de photo… Mais je me suis trompé de destinataire", explique-t-il encore. Le parquet et le juge Pavanello ne sont pas vraiment convaincus par ses explications. Car outre les photos, il y a aussi les conversations entre le jeune adolescent et le prévenu qui laissent sous-entendre certaines pensées… malsaines dans la tête de Marc. Sans oublier une ancienne histoire "louche" vécue par la victime, la fois où Marc, son parrain, lui avait mis de la paille dans la culotte. "Pour jouer", dit-il. Des agissements qui posent question. "J’essaye d’arrêter de boire, mais je n’y arrive pas. C’est mon problème", conclut-il. La partie civile demande un euro symbolique à titre de provision. On ne connaît pas encore la peine que le prévenu risque. L’affaire reviendra devant le tribunal au début du mois de janvier.

L.T.