Les Communes que nous avons contactées confirment la tendance signalée à Namur. "Par rapport à 2019, nous avons eu une augmentation de 10 % de demande RIS (Revenu Intégration Sociale) ", explique la présidente du CPAS de Bertrix, Vinciane Pierrard. "C’est une hausse significative. Sur environ 8 000 habitants, pas moins de 1 000 dossiers ont été ouverts. Pas mal d’étudiants ne savent plus payer les frais de scolarité. Des mamans divorcées qui ont des enfants et qui n’ont plus les moyens de tout payer sont souvent des profils types. Les aides au chauffage, eau et électricité, voilà ce que ces personnes ont dû mal à payer en ce moment."

Selon elle, malgré la présence du zoning des Corettes et du tout nouveau FrunShopping, Bertrix connaît une paupérisation de sa population. "Il y a beaucoup de logements sociaux. Les demandeurs n’ont pas non plus de qualification/diplôme pour pouvoir postuler dans certains secteurs d’activité. Bref, les demandes sont plus nombreuses qu’avant et il faudrait vraiment que le Fédéral fasse quelque chose pour améliorer la situation, ajoute-t-elle. Car de notre côté, la Commune doit fournir/compenser plus de 40 % du budget octroyé au CPAS."

Du côté de St-Hubert, les demandes sont un peu moins élevées qu’à Bertrix, mais le constat est le même. "On compte en tre 5 à 6 % de demandes du RIS. On s’attend à une hausse plus importante vers l’été. Le pire arrive… Chez nous aussi, le budget alloué au CPAS a été compliqué à mettre en place cette année. Les ventes de bois n’ont guère été exceptionnelles à cause de la PPA et de la crise des scolytes", précise André Adam.

À Bouillon, la tendance est la même qu’avant la crise. "C’est peut-être surprenant, mais nous sommes déjà haut par rapport à d’autres communes. Sur une population de 5 000 habitants, entre 80 et 90 personnes bénéficient du RIS. Pourquoi ne constate-t-on pas une hausse ? Aucune idée, mais les gens ne peuvent sans doute plus rien s’acheter, vu que tout est fermé", nous explique Philippe Arnould.

Laurent Trotta