Il y a quelques mois, lors de la réouverture partielle des écoles, certains parents vivant en France ou au Luxembourg avaient déjà annoncé la couleur : "Quel cirque ! A la rentrée en septembre, mes enfants n‘iront plus suivre les cours en Belgique", disaient-ils.

A quelques heures de la reprise scolaire, certains d’entre-eux ont décidé de (déjà) joindre l’acte à la parole. Exemple avec Valérie Callejon, originaire d’Aubange, mais aujourd’hui domicilié dans un petit village français, à dix kilomètres de là. "On en a discuté à la maison, mais nous n’allons pas les remettre en Belgique. Masque, pas masque… Nos trois enfants n’iront pas, car pour le moment, les mesures sont plus souples dans un établissement primaire en France", nous explique-t-elle.

Du côté de l’IMMA, les directrices ont-elles aussi quelques craintes légitimes… "Nous avons 65 % d’élèves qui habitent aux 3 frontières (Grand-Duché du Luxembourg ou France). Imaginez l’impact que ça aurait sur notre école, si seulement la moitié de ceux-ci se présentaient ce mardi ? On devrait mettre des instituteurs au chômage. Pour rassurer tout le monde, un mail a été envoyé à chaque famille. Nous avons eu pas mal de retours positifs. Mais croisons les doigts pour que les autres parents ne soient pas trop inquiets et laissent leur enfant revenir ici", expliquent Mme Wernimont et Sohrabi.

Du côté des professeurs, on n’est guère plus rassuré. Malgré les mesures sanitaires préconisées, cela s’annonce compliqué de surveiller chaque élève huit heures durant. "Nous avons installé des lavabos dans chaque classe. Circuler entre les bancs signifiera pour eux : mettre le masque. Leur autre crainte est de savoir comment faire pour contrôler les personnes qui viennent d’une zone à risque. Pour l‘heure, c’est impossible. On ne peut compter que sur la bonne foi des parents", expliquent-elles.

Et si la situation devait empirer dans les prochaines semaines, la solution du Drive-School sera réitérée. "Ce fut un franc succès en avril. Comme au Fast-food, les parents pouvaient venir chercher des travaux en restant dans leur voiture, une fois par semaine. Ca évitait de propager le virus", concluent-elles.