Le parquet a requis 7 ans de prison pour le viol d’un adolescent et deux fillettes

Un Bouillonnais de 66 ans se retrouve devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau pour viol, attentat à la pudeur et coups et blessures sur trois mineures. Parmi les victimes, un adolescent d’une quinzaine d’années qui avait été placé chez le prévenu sur décision judiciaire. Et ce alors que le sexagénaire avait déjà été condamné à 4 ans de prison pour des faits de pédophilie.

"La justice doit pouvoir faire son mea-culpa", estime le substitut du procureur Alexandre François. " Le prévenu faisait office de famille d’accueil : il doit y avoir eu un couac dans la procédure."

Le jeune homme de 15 ans recevait des cadeaux en échange de faveurs sexuelles. Des faits qu’il finira par dénoncer en comprenant que son parent de substitution s’en prenait également à d’autres enfants. Dont la petite sœur de l’adolescent, venue rendre visite à son frère. Mais aussi la copine de cette dernière. Les fillettes avaient 10 et 12 ans à l’époque. Là encore, le prévenu leur donnait de l’argent et leur achetait des cadeaux en échange de faveurs sexuelles. Mais pas seulement. Il leur interdisait de retourner dans leur chambre et les faisait dormir par terre si elles ne s’y prenaient pas correctement. Il les insultait, les frappait, les empoignait à la gorge.

"C’était plus fort que moi quand j’avais un verre dans le nez", explique-t-il. "Sinon, j’étais quelqu’un de tout à fait correct." Interrogé sur les raisons pour lesquelles il accueillait des enfants chez lui malgré ses problèmes, le prévenu affirme que c’est eux qui voulaient venir chez lui. "Certains des enfants vivaient dans une situation tellement déplorable qu’ils se sentaient mieux chez vous alors qu’ils savaient qu’ils étaient chez un pédophile, puisque vous les couvriez de cadeaux", observe le juge. "Mais vous connaissiez vos penchants, les relations sexuelles que vous avez entretenu avec votre fille pendant des années… Qu’est-ce qu’il faut faire de quelqu’un comme vous ?"

Le rapport psychiatrique fait d’ailleurs état d’une pédophilie bien ancrée, de tendances psychopathiques et d’un risque de récidive élevé. Le ministère public requiert 7 ans de prison. Jugement le 26 mars.

N.P.