Luxembourg

Nathan Kettani a reçu 147 coups de couteau, Vinciane est morte noyée dans la baignoire alors qu’elle était enceinte.

Le procès relatif au double-homicide de Ronzon s’est poursuivi jeudi matin devant le cour d’assises d’Arlon avec l’audition des médecins légistes et d’amis des victimes.

Le témoignage des légistes révèle tout l’acharnement dont ont fait preuve les meurtriers de Nathan Kettani et Vinciane Lamoot, tués chez eux le 11 août 2016 dans la commune de Rendeux.

Au moment de sa découverte le lendemain des faits, le jeune homme était étendu dans une mare de sang, le corps lardé de 147 coups de couteau. Dont 57 au niveau de la tête et du cou. Les médecins relèveront également plus d’une cinquantaine de coups de couteau dans le dos, ainsi qu’une dizaine de coups péri-mortem portés alors que la victime était déjà morte ou à l’agonie. "On a aussi constaté 21 lésions aux membres supérieurs qui témoignent que la victime s’était défendue en parant les coups et avait essayé d’attraper l’instrument tranchant", souligne l’un des légistes.

Vinciane Lamoot a quant à elle été retrouvée dans la baignoire remplie d’eau, morte par noyade. Elle était enceinte de trois à quatre mois.

Les médecins légistes soulignent la présence de plusieurs ecchymoses compatibles avec une scène de lutte.

Nathan comme Vinciane se sont donc débattus pour rester en vie.

Les trois accusés, Sébastien Kesteman, Radwan Elmi-Galib et Jennifer Sablon doivent répondre de vol avec circonstance aggravante qu’un meurtre et des actes de torture ont été commis.

Seuls Sébastien Kesteman et Radwan Elmi-Galib se trouvaient sur les lieux du crime. Ils avaient prétexté le lettrage d’une dizaine de camionnettes pour gagner la confiance des victimes et leur extorquer d’importantes sommes d’argent. Les deux hommes pensaient mettre la main sur un million d’euros. Million que le couple n’a jamais eu. "Nathan était graphiste indépendant, dans le lettrage", explique Gaetano, l’un de ses meilleurs amis entendu comme témoin à l’audience. "Ils arrivaient toujours à leurs fins de mois, mais Nathan n’était pas quelqu’un de démonstratif […] Quand il m’a dit qu’on avait pris contact avec lui pour lettrer des camionnettes, il était tout content."

Gaetano est l’une des premières personnes arrivées sur place après le drame, ainsi que Jeroen, un autre ami du couple, tous deux interpelés par l’absence de nouvelles. "Les voitures étaient là, tous les rideaux étaient tirés. Je me suis dit qu’on était en train de se faire un film", se rappelle Jeroen. "C’est quand je suis arrivé à hauteur de la chambre du petit que je me suis dit qu’il y avait un problème."

Les deux hommes devront forcer une porte pour entrer dans l’habitation. C’est après avoir pris l’enfant en charge qu’ils découvriront les corps. L’absence d’effraction leur évoquera d’abord un drame intrafamilial. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien.