Luxembourg

Les avocats des parties civiles ont réclamé des excuses à l’avocat général pour la façon dont l’enquête sur la mort de Nathan Kettani et Vinciane Lamoot a débuté en août 2016. 

"Quatre jours après les meurtres, mes clients ont été appelés pour s’entendre dire que l’affaire allait être classée sans suite et qu’il s’agissait d’un drame intrafamilial", souligne Frédéric Huart, l’avocat des parents de Vinciane Lamoot. Dans les jours qui ont suivi la découverte des deux corps au domicile de Ronzon, l’enquête s’était en effet orientée vers la thèse du meurtre conjugale suivi d’un suicide par noyade. 

"L’avocat général devrait présenter ses excuses aux parents pour l’opprobre qu’un début d’enquête bâclé a jeté sur la famille de Vinciane", insiste Me Huart. "Outre qu’il est extrêmement difficile de se noyer tout seul dans une baignoire, le fait qu’on n’a retrouvé ni le portefeuille ni les GSM ni la tour d’ordinateur de la victime aurait du mettre la puce à l’oreille des enquêteurs. Il a fallu que la maman de Nathan relève des mouvements suspects sur les comptes de Nathan pour que l’enquête reprenne." 

Une fausse piste aux répercussions familiales douloureuses. "Même si les parents de Vinciane n’ont jamais cru à cette hypothèse, leur fille a été enterrée comme une meurtrière. Très peu de membres de la famille de Nathan ont exprimé leurs condoléances ou manifesté de signes d’affection sur le cercueil, à l’exception de la maman de Nathan qui a tenu à ce que les deux amoureux soient enterrés côte-à-côte."

Me Jacqueline Petit, l’avocate de la grand-mère de Vinciane, évoque la souffrance des parties civiles. "Des excuses ont été présentées à l’un des témoins interrogés comme suspect. Les familles des victimes attendent toujours. Les faits sont odieux, mais devoir en plus enterrer sa fille dans ces circonstances… Et ça va continuer durant l’instruction d’audience. Jennifer Sablon sera placée sous bracelet électronique, le 10 mai 2017, jour de la fête des mères. Elle va pouvoir rentrer chez elle et avoir le bonheur que ses enfants lui souhaitent bonne fête maman. Gabriel n’aura jamais ce bonheur. Jennifer Sablon sera libérée le 23 août pour lui permettre d’accompagner ses enfants à l’école. Le 1erseptembre, c’était la première rentrée scolaire de Gabriel. Jamais ses parents ne l’accompagneront à l’école. Tout ça pour vous dire que la place des parties civiles dans un procès pénal est amenée à évoluer fortement. Il est inhumain que des auteurs puissent être libres et heureux alors que les familles sont condamnées à des souffrances éternelles."