Luxembourg

L’avocat général a requis la perpétuité avec mise à disposition du tribunal d’application des peines pour une durée de 5 ans à l’encontre de Sébastien Kesteman et Radwan Elmi-Galib, reconnus coupables des meurtres de Nathan Kettani et Vinciane Lamoot le 11 août 2016 à leur domicile de Ronzon (Rendeux), mais aussi de fraude informatique et association de malfaiteurs. 

« Il n’est nullement question de traiter Elmi-Galib et Kesteman différemment dans leur peine », souligne le magistrat. « Il serait d’ailleurs indécent de privilégier une version plutôt que l’autre » Les avocats de Sébastien Kesteman invitent le jury à « faire la différence entre la justice et la vengeance » et sollicitent une sanction utile. « La perpétuité serait une sanction sans nuance, un retour à la loi du talion. C’est la facilité plutôt que la réflexion », estime Me Alexandre Wilmotte, qui sollicite une peine de 28 ou 29 ans pour son client. « La peine ne doit jamais perdre de vue un horizon de réhabilitation, aussi lointain soit-il », plaide Me Audrey Lamy. Les avocats de Radwan Elmi-Galib demandent une peine « porteuse d’espoir », entre 20 et 28 ans d’emprisonnement. 

« Ne croyez pas qu’on sort au tiers de la peine comme ça », souligne Me Virgine Taelman. « Il y a un tribunal d’application des peines, tout va être décortiqué… Il ne lui suffira pas d’apporter trois petits bouts de papiers pour mettre le pied dehors. » Quant à Jennifer Sablon, l’avocat général requiert 30 mois d’emprisonnement pour fraude informatique, la jeune femme ayant été acquittée pour les meurtres et l’association de malfaiteurs. « J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne comprends pas le réquisitoire de monsieur l’avocat général et la prise de corps ordonnée hier », observe son avocat Me Sylvain Danneels. 

« Vous avez une jeune femme qui a comparu libre alors qu’elle était accusée de faits extrêmement graves et qui comparait aujourd’hui détenue alors que vous n’avez retenu que les faits les moins graves. » Les avocats de Jennifer Sablon sollicitent une peine de travail. « Une peine d’emprisonnement ferme ne poursuit aucun objectif et n’a aucun intérêt pour personne. Madame Sablon a déjà fait 11 mois de détention prévention et respecté toutes les conditions relatives à la recherche d’un emploi ou d’une formation. »