Les opposants redoutent les nuisances olfactives notamment. Une pétition circule

Le projet de construction de deux poulaillers d’une capacité totale de 39.510 poules pondeuses, à Izier, suscite une levée de boucliers dans la commune de Durbuy. Une pétition circule.  "Ce projet, de type industriel, n’est pas porté par un agriculteur d’Izier mais par une société dont le siège social est situé à Somme-Leuze. Par conséquent, il génèrera très peu de revenus financiers pour la commune et, au maximum, deux emplois." souligne Jean-Pierre Legast, porte-parole du comité de défense  "Poule-au-Vent".

En revanche, les nuisances seront, dit-il, très nombreuses pour les villageois, même s’il s’agit d’une production d’œufs biologiques. "Nous redoutons les nuisances olfactives. Les citernes d’eau de pluie des habitations seront remplies de poussières ammoniacales. Le linge que l’on mettra sécher à l’extérieur prendra une odeur d’ammoniaque. Les nappes phréatiques risquent, par ailleurs, d’être contaminées. Bref, les risques pour la santé sont bien réels."

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L’atteinte portée au paysage est aussi évoquée.  "Les bâtiments seraient construits, sur une superficie de 16 hectares, en ce compris le parcours extérieur des poules, à environ 200 mètres du menhir néolithique d’Ozo qui marque la limite septentrionale du champ mégalithique de Wéris. Ce site est le plus important de Belgique. Il a été classé en 2014 pour son intérêt archéologique et paysager. Les reliefs seront modifiés par les remblayages du terrain. De la route d’Ozo, le menhir aura en arrière-plan les façades du poulailler."

De son côté, le bourgmestre de Durbuy, Philippe Bontemps, rappelle que le projet initial a déjà été revu à la suite de remarques émises notamment par la DGO4 à Arlon. Les plans ont, en effet, été modifiés en fonction des demandes des différents services. Il ajoute: "Plusieurs poulaillers de cette taille sont installés dans la commune et ne posent aucun problème. Je suis vétérinaire de profession. A la campagne, on sait qu’il y a parfois des odeurs désagréables aux abords des exploitations agricoles. Les villageois ne s’en formalisent pas."

Le bourgmestre a décidé d’organiser prochainement une réunion d’information pour les riverains. Le comité de défense a pris les devants. Il organise, ce soir au local des jeunes à Izier, une réunion pour informer la population avant la clôture de l’enquête publique fixée au 28 janvier.