Un homme d’une soixantaine d’années se retrouve devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau pour coups et blessures sur sa compagne à Bastogne en novembre 2019. Il lui aurait porté une gifle tellement violente qu’elle serait tombée sur un meuble avant de perdre connaissance. C’est en tout cas ce que déclarait la victime aux enquêteurs à l’époque. Un an plus tard, la dame se range derrière le prévenu pour dire qu’elle est simplement tombée. "J’avais bu un petit coup", explique-t-elle à l’audience. "Je me suis levée, j’ai trébuché. Ça m’arrive souvent…"

Interrogée sur les raisons pour lesquelles elle aurait incriminé son conjoint, elle affirme ne plus s’en souvenir. "Je ne sais pas ce que j’ai raconté ce jour-là, j’étais dans les vapes." Un revirement de situation qui laisse le ministère public pour le moins perplexe. "Ce qui m’interpelle, c’est que madame dépose plainte deux semaines après les faits", souligne la substitute du procureur du Roi. La dame dément pourtant vouloir protéger le prévenu, dont elle est aujourd’hui séparée. "On n’est plus ensemble", insiste-t-elle. "J’ai mon appartement, mon travail."

Le prévenu conteste les faits, même s’il reconnaît avoir déjà battu sa compagne à l’une autre reprise par le passé. Le parquet s’en est remis à l’appréciation du tribunal. Le jugement sera prononcé le 5 novembre.