Mardi matin, un père de famille comparaissait devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau pour traitements inhumains, attentats à la pudeur et coups et blessures sur sa propre fille. Placé en détention préventive, le prévenu conteste les faits. Tout juste reconnaît-il avoir frappé sa fille à l’un ou l’autre reprise parce qu’il désapprouvait son comportement. Il admet avoir été strict avec elle. Même s’il prétendait tout le contraire devant les enquêteurs. « Il y a un avant et après », précise-t-il aujourd’hui devant le tribunal. 
 
Le point de bascule : le jour où l’intéressé a « attrapé » sa fille avec un garçon dans la salle de bain. « Avant, elle pouvait sortir et passer du temps avec ses copines. Après ça, j’étais un peu plus strict. » Tout au long de son audition, l’intéressé se retourne sans cesse vers la jeune fille, assise sur le banc des parties civiles. Il demande même à pouvoir lui parler. Le juge doit le rappeler à l’ordre. « Ma cliente a peur de se confronter à monsieur », explique l’avocate de la victime. « C’est assez difficile pour elle. Elle demandera probablement à se faire représenter à la prochaine audience. » 
Et pourtant, une fois l’audience levée, c’est la fille qui se jette dans les bras de son père. Les policiers doivent intervenir pour briser leur étreinte. Lui regagne sa cellule, elle éclate en sanglot dans la salle d’audience. L’affaire est reportée au 17 septembre, le temps pour un centre de santé mentale de rendre son avis sur le prévenu. En attendant, ce dernier reste en détention préventive.