La question est posée, suite à ce commentaire laissé sur les réseaux sociaux.

Katerina (prénom d’emprunt - 38 ans) habite à Arlon depuis plusieurs années. Elle est coiffeuse de formation et aussi très jolie. La mode, le style, les shooting… elle adore. C’est pourquoi elle participe régulièrement à des séances photos proposées dans la région. Elle a aussi l’habitude de poster des commentaires sur les différents canaux du Net (Facebook, Instagram, Twitter), où elle compte pas mal de followers. Tout dérape l’an dernier, lorsqu’elle s’en prend à son photographe, en écrivant plusieurs publications négatives à son égard, sur les réseaux sociaux.

"Vous avez indiqué qu’il avait tenté de vous violer. Des déclarations graves sur les réseaux sociaux où vous êtes en plus suivis par plusieurs milliers de personnes. Mais il n’y a pas de preuve à vos allégations. On demande un dédommagement d’un montant de 1000 euros. Plus 125 euros pour la caution pour l’ouverture de ce dossier, déjà payée par mon client", plaide Me Discret, l’avocate du photographe. Elle est suivie par Marianne Lejeune, substitute du procureur du roi.

"On doit vous condamner. Les preuves de viol ne sont pas établies. Il y a donc calomnie. Je ne suis pas opposée à un sursis ou une suspension du prononcé", dit-elle.

De son côté, Me Kauten avance un argument choc : le tribunal correctionnel n’est peut-être pas compétent en la matière. "En effet, je renvoie le tribunal à un arrêt rendu l’an passé par la Cour d’Appel de Liège dans une affaire similaire. Ici, on a un cas typique de délit de presse. Le délit de presse, c’est devant la Cour d’Assises. Pas ici. C’est une cause noble défendue par Madame. Un mouvement dans la lignée des "Dénonce ton porc" qui incite les femmes a dénoncé les attouchements ou les viols. De plus, elle a perdu pas mal de clients lorsque, par vengeance, le photographe a ensuite posté des clichés du shooting sur les réseaux sociaux", plaide-t-il en demandant l’acquittement.

La loi est effectivement claire. Un délit de presse peut se traduire par un procès en Cours d’assises. Mais cela reste très rare en Belgique, voire impossible à imaginer dans ce cas-ci. Réponse le 16 mars. La juge Brilot devra trancher.

L.T.