Elle reporte la faute sur sa patronne qui aurait dû savoir qu’elle était accro au jeu.

Une Bouillonnaise de 31 ans est actuellement poursuivie devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau pour avoir volé plus de 9 000 € de tickets à gratter.

Employée depuis peu dans un point de vente de la Loterie Nationale, la jeune femme se servait directement dans les stocks du magasin.

"Ça faisait un moment que je jouais aux jeux à gratter. Au début, j’arrivais à gérer. Mais au bout d’un moment, l’envie est devenue trop forte", a-t-elle expliqué mardi lors de l’instruction d’audience. "Madame prenait chaque fois un paquet, car elle était certaine qu’il y avait au moins un ticket gagnant à l’intérieur, souligne l’avocat de la partie civile. Des paquets d’une valeur avoisinant les 150 €."

C’est en constatant le décalage entre ses recettes et les montants réclamés par la Loterie Nationale que la gérante du commerce s’est rendu compte des vols, images de vidéosurveillance à l’appui. "Ma cliente a honte des faits qui lui sont reprochés, souligne Lyse Thirion, avocate de la défense. Elle n’a pas tout de suite pris conscience de ce qui se passait. Il faut savoir que l’addiction au jeu est de plus en plus considérée comme une pathologie psychiatrique."

Pour la défense, la patronne du commerce ne pouvait ignorer l’attrait qu’exerçaient les jeux de hasard sur la prévenue. "Bien avant d’être embauchée, ma cliente se rendait dans le commerce pour acheter des tickets à gratter, poursuit Me Thirion. La patronne aussi aimait ce type de jeu. Il arrivait qu’elles grattent ensemble sur un coin de comptoir. C’était convivial, on rigolait ensemble, il y avait une vraie complicité. Il arrivait même que ma cliente soit payée en tickets à gratter."

La défense invoque une forme de provocation et réclame la suspension du prononcé. "La gérante elle-même n’hésitait pas à se servir dans ses propres stocks. Voyant son employeur se servir, ma cliente a procédé de la même façon. D’abord en payant. Puis c’est devenu incontrôlable."

Le parquet réclame trois mois de prison avec sursis probatoire. Quant à la prévenue, elle assure avoir tiré un trait sur les jeux à gratter. Jugement le 4 février.