La thèse de l'homicide involontaire, soutenue pas la défense a dès lors été écartée. La victime, âgée de 85 ans, est morte, le 27 février 2017, noyée dans la voiture conduite par l'accusé et tombée dans le Lac de Rabais. Eric Flammang affirmait lui qu'il s'agissait d'un accident alors qu'il conduisait sous influence de l'alcool. Il disait avoir réussi à s'extraire de son véhicule tandis que son vieil ami octogénaire - et qu'Eric Flammang disait considérer comme un père de substitution - était resté coincé dans la voiture. Les parties civiles et l'avocat général avaient, elles, appuyé l'accusation d'assassinat. La toile de fond du procès était une histoire de viager. Eric Flammang et son épouse avaient conclu un contrat courant sur 15 ans de vente viagère de la maison de Raymond Lochet à Chenois (Virton). Mais le couple, au moment des faits, était en défaut répété de paiement et une procédure judiciaire était en cours pour casser le contrat. Une audience était prévue, le 28 février 2017, soit le lendemain des faits, devant le tribunal d'Arlon.

Le jury a retenu comme mobile cette histoire de viager qui a amené Eric Flammang à "avoir volontairement mis en scène un accident". L'accusé expliquait s'être retrouvé au Lac de Rabais, après une virée avec la victime dans un café de Saint-Mard. Selon lui, Raymond Lochet voulait "aller voir des femmes" à "La Sapinière", un établissement situé à Croix-Rouge mais qui, retiennent les jury, était pourtant alors fermé. L'arrêt de motivation parle d'un itinéraire laissant perplexe ou le fait qu'Eric Flammang n'a pas perdu le contrôle de sa voiture avant de se retrouver au bord du Lac de Rabais. Le jury note aussi que l'accusé n'est pas allé chercher du secours près du lac, préférant marcher plus loin. L'expertise-automobile, qui ne retenait pas un accident de la route fortuit ou le fait que la vitesse 1 était engagée, est également retenue comme élément de culpabilité.

Le débat sur la peine aura lieu mardi après-midi.