À Libramont et Tintigny, les bourgmestres ne prendront pas d’arrêté de police

Le 15 mars dernier, le Gouvernement du Grand-Duché décidait de fermer les salons de coiffure. Cette fermeture a entraîné un afflux de clients grand-ducaux vers les salons de coiffure belges, en particulier dans les communes limitrophes comme Bastogne.

Le bourgmestre de Bastogne a pris, dimanche un arrêté de police visant à fermer les salons de coiffure dans sa commune, à partir du lundi 23 mars à 12 h. Le lendemain, le bourgmestre de Neufchâteau, Dimitri Fourny, lui emboîtait le pas. Ces communes sont, actuellement, les seules en province de Luxembourg à avoir pris cette mesure afin de limiter la propagation du coronavirus.

"Les mesures fédérales précisent que les salons de coiffure peuvent rester ouverts moyennant le respect de certaines mesures nécessaires, notamment les règles de distanciation sociale, en particulier le maintien d’une distance d’1,5 mètres entre chaque personne", souligne Benoît Lutgen. "Il est cepen dant totalement impossible, dans la pratique, de respecter ces mesures de distanciation sociale et de coiffer une personne en respectant la distance imposée."

Les forces de police doivent pleinement être mobilisées pour pouvoir répondre à l’essentiel de leurs autres nombreuses missions et non passer leur temps à vérifier ces consignes dans les salons de coiffure.

À Libramont-Chevigny la bourgmestre Laurence Crucifix, ne prendra pas d’arrêter de police dans ce sens. "J’’attends les indications du gouvernement fédéral.", souligne-t-elle. "Des bourgmestres de la province ont envoyé un courrier. De nombreux salons de coiffure de la région ont déjà fermé leurs portes par mesure de précaution. Prendre un arrêté ne changera rien à la situation."

Un avis que partage Benoît Piedboeuf, bourgmestre de Tintigny. "Le fédéral va bientôt se positionner. La décision doit être prise à un autre niveau de pouvoir. On suit la procédure normale : ce n’est pas nécessaire de faire du show. Les salons de coiffure qui souhaitent fermer peuvent le faire et introduire les demandes d’aides et de compensations auxquelles ils ont droit", conclut-il.

Nadia Lallemant