L'association de protection des animaux Gaia est poursuivie comme personne morale devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau. On lui reproche des dénonciations calomnieuses envers un aviculteur de la région d'Houffalize.

En juillet 2017, l'aviculteur avait été contraint d'abattre ses 35.000 volailles, contaminées au fipronil à la suite du nettoyage de son exploitation par une entreprise externe. Relayée dans la presse, son histoire avait suscité la réaction de Gaia, cette dernière lui reprochant d'avoir agi dans une logique purement économique. L'association avait déposé plainte à son encontre pour maltraitance animale. La plainte a été classée sans suite par le parquet. Gaia avait alors introduit une citation directe devant le tribunal correctionnel. 

En février 2019, ce dernier avait acquitté l'éleveur houffalois, estimant qu'il avait abattu ses volailles par obligation légale. Gaia doit aujourd'hui répondre de dénonciation calomnieuse devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau. "La liberté d'expression doit être garantie. Mais il y a des limites à ne pas franchir, toute association de protection des animaux que l'on soit", estime le représentant du ministère public, qui réclame 500 euros d'amende avec sursis. L'association sollicite l'acquittement, estimant que la condition d'intention méchante constitutive de la dénonciation calomnieuse n'était en l'occurrence pas rencontrée. "Gaia défend la cause animale. Elle soutient que les animaux ont droit à une mort digne et que les abattre dans une logique purement économique n'est pas acceptable. C'est une opinion défendue par la Convention européenne des droits de l'homme. Jamais un procureur n'avait attaqué Gaia pour avoir fait son travail", souligne l'avocat de l'association. 

Le ministère public précise que ce n'est pas l'opinion défendue qui pose problème, mais le procédé utilisé. Constitué partie civile, l'aviculture réclame 270.000 euros à Gaia. "Le dommage moral et les répercussions financières de cette affaire ont été considérables. Gaia doit en assumer toutes les conséquences", estime l'avocat de l'éleveur. Jugement le 21 avril.